Dans l’épisode d’Un Foin c’est Tout S1E6, Lucie, éleveuse de Salers dans l’Orne, et Niall, éleveur en Irlande, racontent comment cette race française s’est adaptée à des systèmes très différents, des prairies normandes aux paysages humides irlandais. En fil rouge, une question simple : pourquoi la Salers séduit-elle autant les éleveurs qui l’ont choisie, et qu’est-ce qui explique son succès grandissant à l’étranger ?
Une race qui voyage bien
La Salers, n’est pas présentée comme une simple race emblématique du Massif central. Elle apparaît comme une race capable de s’implanter loin de son berceau, dans des contextes d’élevage très différents. L’Irlande et la Normandie servent ici de terrain d’observation, avec deux élevages qui prouvent que la Salers s’adapte bien aux conditions locales. Niall insiste d’ailleurs sur cette capacité d’adaptation en rappelant que la race supporte très bien les conditions difficiles, notamment le froid et l’humidité irlandais. Ce qui ressort d’abord, c’est sa rusticité. Lucie comme Niall insistent sur sa capacité à vivre dehors, à rester autonome et à faire face à des conditions météo parfois difficiles.
Comme le dit Lucie : “C’est vrai, il y a beaucoup moins de travail que d’autres races parce que c’est une race très rustique”.
Cette souplesse en fait une vraie alliée pour des systèmes où l’on cherche à limiter les contraintes sans renoncer à la performance.
Des histoires d’installation différentes mais une même passion
L’histoire de Niall commence par une découverte familiale en Écosse dans les années 1990, avant une implantation progressive de la Salers en Irlande. Séduits par ces vaches au tempérament marqué et à l’allure reconnaissable, ses proches ont importé un taureau et une génisse avant de développer progressivement leur troupeau en Irlande. Lucie, elle, a grandi avec la Salers sur la ferme familiale. Après un passage par d’autres études, elle a finalement choisi de reprendre l’exploitation et de poursuivre cette histoire d’élevage. Chez elle, la race fait presque partie du paysage quotidien depuis toujours.
Des élevages à taille humaine
Projection vers 2050 pour les deux éleveurs? Rester à taille humaine tout en avançant vers plus de technicité et de maîtrise génétique. Lucie veut conserver un élevage à dimension raisonnable pour rester exigeante sur la qualité. Elle explique qu’au-delà d’un certain nombre d’animaux, il devient difficile de tout bien faire au quotidien.
Niall, lui, voit encore une marge de développement en Irlande, porté par l’évolution des pratiques et par un contexte qui favorise les systèmes herbagers et plus naturels. Il souligne aussi que la réglementation pousse de plus en plus vers moins d’intrants et davantage de systèmes adaptés aux prairies, ce qui colle parfaitement avec la Salers.


