QUOTIDIEN DU SOMMET JOUR 4

Publié le 8 octobre 2026 par Sophie Chatenet

Prêt à taux zéro, plan Casi, satellite, loup…les annonces de la ministre de l'agriculture au sommet

Présente ce jeudi au Sommet de l’Élevage, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a dévoilé une série de mesures destinées à soutenir les agriculteurs confrontés aux conséquences de la sécheresse. Parmi les principales annonces : des prêts « sécheresse » à taux réduit, dont les intérêts seront pris en charge par l’État, pour un encours pouvant atteindre 2 milliards d’euros. Ce dispositif doit notamment permettre aux exploitants de financer l’achat de fourrage et d’intrants.

Les agriculteurs récemment installés bénéficieront également d’un dispositif de rééchelonnement de leurs prêts. En cas de report du remboursement du capital, l’État prendra en charge les intérêts et le surcoût liés à ce report.

« Le prêt à taux zéro va permettre d’acheter des fourrages et des semences pour repartir l’année prochaine » a réagi David Chauve, président de la FRSEA AuRA qui se dit partiellement satisfait.

La réserve de 21 millions d’euros du fonds de réarmement agricole sera par ailleurs débloquée plus rapidement afin de renforcer la trésorerie des exploitations.

Indemnisation sécheresse : le gouvernement veut revoir l’utilisation des données satellitaires

Sous pression des éleveurs qui contestent la fiabilité des données satellitaires utilisées pour évaluer les pertes, Annie Genevard a annoncé la publication, à la mi-octobre, d’une carte actualisée des pertes à fin septembre, commune par commune.

Les préfets réuniront ensuite les Comités départementaux d’expertise afin de confronter les données satellitaires aux observations réalisées sur le terrain.

Le ministère prévoit également de croiser les données des fermes de référence avec celles issues des satellites. Les résultats de cette analyse seront rendus publics dans le respect de la confidentialité des exploitations.

Le gouvernement entend ainsi permettre une meilleure prise en compte de la réalité des élevages dans le calcul des indemnisations sécheresse. Les assureurs sont également invités à simplifier les procédures de recours afin de faciliter les contestations des agriculteurs.

Aides agricoles, GNR et engrais : des dispositifs prolongés

Le guichet d’aide au GNR est rouvert pour les mois d’avril à juin et prolongé jusqu’à la fin de l’année. Le dispositif concernant les engrais est également assoupli : les factures non acquittées et les bons de commande pourront désormais être pris en compte.

Pour accélérer le traitement des dossiers, 200 vacataires viendront renforcer les services territoriaux de l’État. La ministre s’est aussi engagée à publier avant le prochain Salon international de l’agriculture les textes d’application de la loi d’urgence agricole, notamment ceux concernant les élevages et le stockage de l’eau.

Loup : le plafond de prélèvement relevé à 23 %

Autre annonce importante pour les éleveurs : le plafond de prélèvement du loup sera relevé de 21 % à 23 %. Ce nouveau plafond pourra en outre être reconduit d’une année sur l’autre.

Les syndicats agricoles attendent désormais des résultats concrets

« L'expertise terrain que nous avions demandé va bien être prise en considération mais il faut qu’elle soit faite le plus rapidement possible pour que les agriculteurs puissent toucher les indemnités attendues », a réagi Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA 63.

Patrick Bénézit, président de la FNB reconnaît également une avancée de la part de la ministre sur le sujet de la sécheresse mais dénonce une absence d’annonce concernant les prix : « c’est problématique car nous sommes sous pression sur plusieurs catégories de bétails (…) si les prix ne sont pas revalorisés nous risquons une forte décapitalisation cet hiver ».

Côté Fédération nationale ovine, le président nouvellement élu Patrick Soury craint que les annonces sur la hausse des prélèvements de loups ne cachent « une territorialisation des actions, en faveur des territoires où le prédateur est en expansion et au détriment de ceux historiquement prédatés ».

Si ces annonces envoient un signal favorable aux agriculteurs, la prudence plus que l’enthousiasme domine. Tous ont témoigné attendre de voir ces nouvelles mesures prendre forme et vie avant de s’en réjouir.

Bizet, la petite reine du pôle ovin

Le Gaec des Deux Prés en Haute-Loire a remporté le prix d'ensemble du concours Bizet.
Jean-Marc Authié
Le Gaec des Deux Prés en Haute-Loire a remporté le prix d'ensemble du concours Bizet.

Pour la première fois de son histoire, la race bizet a tenu son concours national au Sommet. Huit éleveurs, venant de 4 départements ont présenté 80 animaux dans les sections agnelles, agnelles d’hiver, agnelles d’automne, brebis et béliers jeunes et âgés. Un concours en plusieurs parties. Phénotypique d’abord, pour valoriser les caractéristiques de race et de développement, déjà jugé mardi et par lot de trois, individuellement pour les béliers.

Hier jeudi, étaient jugées les 7 sections, dont une génétique avant les prix d’ensemble. La petite montagnarde a déployé tous ses atours.

La brebis la plus rustique du Massif Central retrouve un regain d’intérêt auprès des éleveurs grâce à ses aptitudes à la marche, sa résistance aux chocs thermiques et ses qualités bouchères.

Les chiffres des effectifs en témoignent, selon le dernier recensement agricole, on compterait plus de 9 800 individus en France

Félicitations aux lauréats des Sommets d'Or 2026 !

La cérémonie de remise des Sommets d'Or, trophées de l'innovation organisés par le Sommet de l'élevage en partenariat avec le groupe de presse Réussir et la Presse Agricole du Massif central (PAMAC) s'est déroulé mercredi soir. L'occasion de saluer l'ingéniosité des entreprises pour répondre aux enjeux économique, agronomique et ergonomique du monde agricole. Neuf produits ont été primés en 2026 :

  • Rénovation de salle de traite entre les traites // Hall 2 - F207 SARL AGRO RÉSINE
  • LUTTE-VECTO® – Portique autonome de diffusion de biorépulsifs pour bovins // Extérieur - E3-54 EURL Coppeaux Nicolas Mécano Soudure
  • Conditionnement sur cartonnette pour boucles officielles bovines // Hall 3 - A35 MSD Santé Animale - ALLFLEX EUROPE SAS
  • EasyTram // Extérieur - E7-07 AMAZONE SA
  • Fendt ForageQualityCam // Extérieur - E1-47 FENDT
  • GreaseControl // Extérieur - E4-03 SAMSON AGRO SASU
  • TAGS (Tractor Assisted Guidance Systems) // Extérieur - E1-49 SDF FRANCE - DEUTZ-FAHR
  • KRONE Swadro BaleTrain // Extérieur - E5-75 KRONE France
  • PRIX BIEN-ÊTRE ANIMAL : VMS™ FlowResponsive™ Milking // Hall 4 - E44 DELAVAL

vente aux enchères limousiNES : Actif adjugé à 28 100 euros

Seize limousines (dix génisses de l'année ou à saillir et six taureaux entre 18 mois et trois ans) étaient en vente mercredi soir dans le Zénith d'Auvergne, toutes issues des meilleurs cheptels de France, toutes et tous issus des meilleures lignées de la race.

Un rendez-vous traditionnel pour le service commercial export des organisations françaises de reproducteurs de la race, qui assure déjà quatre ventes dans l'année pour ses reproducteurs. Dans le ring, une dizaine de rangées de chaises, avec des acheteurs venus du monde entier, fait face à Gilles Lequeux, responsable commercial à Interlim, qui lui-même va jeter un œil sur l'écran de son ordinateur. En effet, d'autres acheteurs étrangers sont en ligne.

Les acheteurs étrangers misent sur la limousine

Le principe en est simple, une mise de départ, des enchères qui grimpent de 100 euros en 100 euros et une quarantaine de secondes pour faire son offre. Le coup d'envoi est donné avec Apiote (Haute-Vienne) pour ouvrir le bal. Une mise de départ de 3 300 euros et très vite tout s'accélère. Quelques minutes plus tard, la génisse trouve preneur du côté du Luxembourg pour 6 900 euros. Mais les choses sérieuses vont arriver très vite avec les 4e et 5e lots mis en vente. Tout d'abord avec le taureau Amidon (87), mis à prix à 5 000 euros et, après une belle bagarre, s'envole au Portugal pour 26 100 euros.

Du suspens jusqu'au bout

La salle s'est prise au jeu en réagissant aux enchères, puis en applaudissant la vente. Mais le meilleur est à venir avec Actif. Jeune taureau issu de l'EARL Hérisson (Sarthe), il affole les compteurs dès sa mise à prix à 5 000 euros.

Juste le temps pour Gilles Lequeux de valoriser ce jeune taureau « de type mixte, très complet, fin d'os, avec de bonnes longueurs et un bassin bien ouvert », que la barre des 20 000 euros est franchie, puis celle des 25 000 €. La lignée aura été déterminante pour le prix final avec une enchère définitive à 28 100 euros et un voyage à venir du côté des Pays-Bas.

Enchères éruptives pour la cuvée du temple de Mercure

Mélodie Comte

Mercredi soir, la Fédération viticole du Puy-de-Dôme et le Conseil départemental du Puy-de-Dôme ont ouvert la première vente aux enchères de 75 magnums de vin rouge IGP 2023.

Cette cuvée a vieilli pendant deux ans à 1.465 mètres d’altitude, au sommet du puy de Dôme. Les conditions exceptionnelles du site et les microséismes du volcan confèrent un caractère unique à cette cuvée dont les fonds récoltés serviront à financer des projets pour l'installation de jeunes vignerons.

« Cette cuvée porte la jeunesse » a déclaré Gilles Vidal, président de la fédération aux enchérisseurs présents.

Les prix ont rapidement grimpé. En quelques minutes, la premier magnum a été adjugé 500 euros. Un lot de 6 est parti à 700 euros. Lors de la deuxième vente qui a eu lieu pendant Grand Banquet, le magnum le plus cher est parti à 550 euros. Sur les deux ventes, plus de 10 000 euros ont été récoltés.

ASPP Technologies mise sur l’électrique pour répondre aux besoins des professionnels en quête de véhicules compacts, polyvalents et adaptés au terrain. L’entreprise française développe notamment le CITY TRUCK, décliné en plusieurs configurations, ainsi que le COWBOY, un 4x4 électrique pensé pour les déplacements sur exploitations, chemins et terrains privés. Pour découvrir ces solutions de plus près, rendez-vous au Sommet de l’Élevage 2026, en zone extérieure – stand E2-47.

Treize propositions pour une nouvelle loi pastorale

Sophie Chatenet
Jean-Marc Boyer, sénateur et Marie Pochon, députée de Drôme.

13 articles, 36 députés, et des dizaines d’heures d’audition auprès d’une centaine de structures qui gravitent autour du pastoralisme, plusieurs rapports parlementaires, un réalisé par la députée drômoise Marie Pochon, et un second par le sénateur puydômois, Jean-Marc Boyer ont donné naissance à la loi pastorale déposée à l’Assemblée nationale le 24 septembre dernier. La dernière loi pastorale remonte à 1972.

« Malgré les services environnementaux, économiques et culturels qu’il rend à la collectivité, le pastoralisme demeure insuffisamment reconnu dans les politiques publiques. En premier lieu, notre proposition de loi vise à introduire dans le Code rural et de la pêche maritime une définition législative du pastoralisme, reconnaissant la spécificité de cette forme d’élevage extensif fondée sur la mobilité des troupeaux, la valorisation des ressources spontanées des parcours, les savoir-faire propres aux éleveurs et aux bergers ainsi que la dimension collective inhérente à l’organisation pastorale ».

Au-delà de la déclaration d’intention, le projet de loi est assorti de propositions concrètes :

  • création de comités départementaux pastoraux,
  • mise en place de paiements pour services environnementaux pastoraux,
  • création de zones pastorales dans les documents d’urbanisme,
  • soutien des races locales adaptées au pastoralisme,
  • reconnaissance du caractère essentiel des outils d’abattage,
  • reconnaissance  du rôle du pastoralisme dans la défense des forêts contre les incendies et la prévention des risques naturels…

La race Jersiaise a fait le show

Sophie Chatenet

Ambiance surchauffée, hier en début d’après-midi sur le ring bovins lait. Les jersiaises y disputaient leur concours national. Quatre-vingts animaux étaient en compétition.

Petite mais costaude la Jersiaise pour attirer la foule. Alors que le ring bovins lait accueillait hier, le concours national de la race, les gradins n’ont pas désempli. Le concours s’est ouvert par les prix de section, à commencer par celui de la meilleure mamelle. Une dizaine de vaches ont défilé de façon à permettre au juge d’examiner les bêtes sous toutes leurs coutures. Venus de sept régions, et de dix-huit départements, les éleveurs présents ne cachaient pas leur satisfaction de pouvoir dévoiler le fruit de leur travail.

« Avec une valorisation fourragère et fromagère supérieure (de l’ordre de 35% de fromage en plus par litre de lait), notre race est totalement adaptée aux enjeux climatiques actuels. On l’a vu cet été, les troupeaux de jersiaises ont mieux résisté à la chaleur », explique Olivier Bulot, directeur de BGS, organisme de sélection de la race.

Fort de ces atouts, en dix ans, les effectifs de la Jersiaise ont progressé de 145 % alors que dans le même temps le cheptel laitier a reculé de 20 % en France.

A noter qu’aujourd’hui, à 13 heures, la race Jersiaise organise pour la première fois une vente aux enchères de deux génisses et d’un lot d’embryons.

Handicap et agriculture : bâtir un pont entre deux mondes

Sophie Chatenet

En France, 18 900 personnes en situation de handicap travaillent dans le secteur agricole. 60 % d’entre elles sont exploitant(es) agricoles. A tort, on imagine souvent que le handicap se résume à des personnes en fauteuil roulant, or elle ne représente que 2 % des personnes en situation de handicap. 80 % des handicaps sont invisibles.

Depuis plus de deux ans, l’Anefa Auvergne-Rhône-Alpes a initié avec ses partenaires parmi lesquels France Travail, Cap Emploi, l’AGEFIPH et l’APECITA, un travail de fond sur l’inclusion des personnes en situation de handicap en agriculture. Objectif : donner des clés aux exploitants agricoles, salariés, et candidats pour rendre possible la rencontre entre ces deux univers qui partagent un déficit d’images.

« L’agriculture a de tout temps cultiver cet accueil de personnes avec des particularités. Personne n’est inemployable. Les bonds technologiques que le secteur agricole a fait et fera encore dans les prochaines années donnent des perspectives d’emplois aux personnes en situation de handicap. Les exemples sont nombreux qui témoignent que c’est possible ».

Possible mais pas forcément facile. Le chemin est en effet pavé d’une foule d’interrogations, d’une multitude de dispositifs d’accompagnement et d’acteurs qui travaillaient jusqu’à présent de manière isolé. En Auvergne-Rhône-Alpes, on a souhaité ne pas perdre le fil entre les différents intervenants pour au final répondre le plus précisément aux demandes et surtout communiquer sur les dispositifs existants.

« Aujourd’hui il s’agit d’acculturer les entreprises, d’aménager les horaires, les postes de travail, les logements et surtout fournir à chacun des réponses pragmatiques à chaque étape du processus d’inclusion », a indiqué Didier Moguelet.

Et de citer l’exemple de l’entreprise agroalimentaire Andros, qui à l’initiative de son directeur général, embauche depuis dix ans, 32 personnes autistes sévères. « Avec succès puisque la méthode a fait des émules auprès notamment du groupe LVMH qui a décidé de mener un travail similaire ».

Prochaine étape : la mise à disposition d’une boîte outils destinés aux exploitants, aux salariés et aux candidats pour faire de l’inclusion pas seulement une possibilité mais une réalité.

Textes et photos : Mélodie Comte, Anna Beck, Jean-Marc Authié.

Depuis 1964, EUROMAG conçoit et fabrique en France des véhicules magasins dédiés à la vente directe. Camions, remorques et cellules mobiles : des solutions sur mesure pour aider producteurs et éleveurs à valoriser leurs produits et développer les circuits courts. Et tu peux les retrouver au Sommet 2026 dans le Hall 2 - stand E147

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