Chute historique des ventes en 2024, première baisse depuis 2017 : le rapport Axema 2025 alerte sur une filière française à la peine. Mais l’élevage résiste et redonne espoir pour une reprise en 2026.
Une filière secouée
En France, 614 entreprises fabriquent ou importent des agroéquipements. Parmi elles, 292 sont des petites TPE, 223 des PME et 99 des grandes ETI. Elles emploient 28 500 personnes partout dans le pays. Ces dernières années, le marché a doublé en sept ans, passant de 4,9 à 9,3 milliards d'euros.
Mais 2024 a tout stoppé net. Les commandes ont commencé à baisser mi-2022 et les stocks se sont épuisés fin 2023. Les prix des machines ont grimpé de 26% entre 2020 et 2023 due à la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières, soit 30% de plus qu'avant le Covid. Ainsi, les grandes cultures, la viticulture et la polyculture-élevage perdent 14% de ventes. Le chiffre d'affaires total tombe à 16 milliards d'euros, soit 15% de moins.
L'élevage, moteur inattendu de la reprise
Dans cette tempête, l'élevage émerge comme un îlot de résistance. Les segments des grandes cultures et de la viticulture s'effondrent. En revanche, les équipements dédiés aux animaux affichent des performances solides. La stabulation high-tech, la préparation et distribution d'aliments, le matériel de laiterie et les installations zootechniques augmentent la production nationale à 7,5 milliards d'euros. Ils soutiennent aussi les exportations vers 150 pays, à hauteur de 3,7 milliards d'euros malgré un recul de 21%.
La France est le troisième producteur européen et le sixième mondial. Elle exporte 55% de sa production, portée par un tissu dense de PME familiales, notamment dans les Pays de la Loire ou les Hauts-de-France. Les éleveurs bovins font face à un cheptel en baisse tendancielle, une pénurie chronique de main-d'œuvre et des marges agricoles sous pression. Les robots de traite et de surveillance, les capteurs de précision pour les rations et les systèmes optimisant le bien-être animal et l'autonomie fourragère pallient les défis quotidiens.
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Signes encourageants d'un rebond imminent
Les prises de commandes progressent trois mois consécutifs, de décembre 2024 à février 2025, après 31 mois de dégringolade ininterrompue. Ce frémissement suit une année 2024 difficile à qualifier. Le rapport Axema anticipe une baisse modérée de 5% en 2025. L'organisation place 2026 sous le signe du retour à la croissance, porté par le renouvellement des parcs et une innovation accélérée.
- La balance commerciale reste déficitaire à 2 milliards d'euros, dont 1,8 milliard face à l'Allemagne.
- Les importations reculent de 17% à 5,7 milliards d'euros.
- La rentabilité se maintient toutefois. Le résultat net moyen des fabricants atteint 4,9% en 2023.
- Aussi, 2 000 emplois nets ont été créés en six ans.
Ces signaux, conjugués à une filière résiliente de 30 000 salariés, dessinent un avenir où l'adaptabilité prime sur la morosité.
Défis structurels et perspectives durables
Le rapport Axema éclaire des tendances profondes qui transcendent le cycle conjoncturel. La France pèse lourd dans l'Union européenne avec 61 300 emplois dans la filière, derrière l'Allemagne. Sa rentabilité patine toutefois. L'excédent brut d'exploitation s'établit à 5,4% contre 14,2% outre-Rhin.
Les emplois restent stables, les ventes à l'étranger tiennent bon malgré les difficultés. L'élevage montre la voie pour s'adapter au climat, aux nouvelles règles et aux attentes de la société. Pour les éleveurs, cela se concrétise par un arsenal technologique taillé sur mesure. Ce matériel pallie le manque de bras. Il optimise les ressources face à des productions végétales chahutées par la météo.
La filière française démontre ainsi sa vitalité, prête à rebondir si la conjoncture suit.
Source : Rapport économique 2025 - AXEMA

