Au Sommet de l’élevage, le Kazakhstan présente un modèle pastoral singulier

Publié le 21 avril 2026 par Maëva Veysset

À l’occasion du Sommet de l’élevage, la délégation kazakhe est venue présenter un modèle agricole et pastoral singulier. Dans ce nouvel épisode d’un Foin c’est Tout, cap sur les conditions climatiques parmi les plus extrêmes au monde.

  

Un pays immense

 

Le Kazakhstan couvre 2,7 millions de km², ce qui en fait l’un des plus vastes États du monde. Son territoire concentre près de 186 millions d’hectares de prairies et de pâturages. Mais cette richesse apparente s’accompagne de fortes contraintes : le pays connaît des hivers très rigoureux, des étés chauds et de grandes amplitudes thermiques.

Les hivers sont extrêmement rudes et à l’inverse l’été on peut retrouver du +50 dans le sud du pays.

explique Bisken Efnogali Ruspaevich, directeur de la chambre républicaine de la race Aïkol de la République du Kazakhstan. Ces écarts extrêmes expliquent pourquoi l’élevage kazakh reste très lié à la steppe, aux pâturages naturels et à la mobilité des troupeaux.

 

Emblème du pays : le pastoralisme

 

Historiquement, le Kazakhstan est d’abord un pays de chevaux et de moutons. Cette orientation n’a rien d’anecdotique : elle traduit une culture nomade ancienne, encore très présente dans les pratiques agricoles actuelles. Le pastoralisme est une organisation productive adaptée aux grands espaces et aux ressources naturelles disponibles.

C’est une culture nomade et bien évidemment les moutons qui peuvent marcher loin et longtemps, mais également les chevaux.

Souligne Aljan Somsnin, directeur de l’Institut Jegersran et responsable scientifique dans un institut de sciences agraires.

Le pays compte encore aujourd’hui des cheptels importants. 19 millions de moutons et 8,4 millions de bovins, avec un élevage qui représente environ 40% de la production agricole brute kazakhe. Le Kazakhstan est aussi cité comme le 5e pays au monde pour les pâturages naturels exploités, derrière la Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Brésil.

 

Les races emblématique du pays

 

Face à ces conditions, le Kazakhstan travaille à développer des races adaptées à son environnement. C’est notamment le cas de l’Aïkol, une race créée localement à partir de Charolaise et d’Angus. L’objectif n’est pas d’imiter les standards français, mais de produire des animaux capables de mieux résister aux contraintes climatiques et pastorales locales. Le Kazakhstan s’appuie également sur d’autres races, comme l’Agbas, la "tête blanche du Kazakhstan".

L’objectif, c’était d’avoir des animaux plus adaptés à nos conditions climatiques.

Explique Bisken Efnogali Ruspaevich.

 

Objectif 2026 pour le Kazakhstan

 

L’agriculture figure parmi les priorités du gouvernement kazakhe, qui cherche à diversifier une économie encore très dépendante des hydrocarbures. Le pays consacre d’importantes ressources à ses filières d’élevage et à la transformation agroalimentaire.

La presse spécialisée rappelait déjà que le Kazakhstan visait une productivité multipliée par 2,5 et un doublement des exportations, avec un renforcement du soutien public aux éleveurs. Début 2026, le gouvernement a en outre approuvé un plan de développement de l’élevage pour 2026-2030, destiné à structurer la filière, à améliorer la productivité et à consolider les capacités de production.

Ces chiffres montrent qu’au Kazakhstan, l’élevage est à la fois un héritage et un levier de développement économique.

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