L’ESSENTIEL :
- Prix du lait en hausse de 10 à 25 €/1 000 L selon les systèmes
- Cotation des vaches de réforme en hausse d’environ +25%
- Valorisation des veaux naissants pouvant même grimper jusqu’à +125%
Selon les premiers résultats publiés par l’IDELE et les réseaux Inosys en mars 2026, les exploitations laitières françaises ont connu une année record en 2025, avec un revenu moyen autour de 58 000 € par unité de main-d’œuvre. Cette performance s’explique par des prix du lait élevés, ainsi qu’une bonne valorisation des vaches de réforme et des veaux.
Une année record mais pour qui ?
Les premières analyses d’Idele et des réseaux Inosys, basé sur les données comptables de 2025, montrent qu’un prix à 57 800 à 58 000 € par UMO (unité de main-d'œuvre) devient la référence pour les exploitations laitières suivies. Sur un an, cela représente un gain de près de 20 000 € de plus par UMO pour les systèmes les plus performants, ce qui sort clairement de la tendance observée ces dernières années.
- Les exploitations de plaine, spécialisées lait, avec plus de 100 vaches, en sont les principaux bénéficiaires
- A l’inverse, les petites fermes, les systèmes en zone de moyenne montagne ou en transition technique perçoivent des gains plus modestes avec des écarts de revenus pouvant atteindre plus de 30 000 € par UMO.
Pourquoi 2025 est une année record ?
Plusieurs facteurs expliquent ce record exceptionnel sur les exploitations laitières :
- Les prix du lait de base ont progressé de +10 à +25 €/1 000 L selon les systèmes, dopant directement le chiffre d’affaires.
- De leur côté, les vaches de réforme ont grimpé d’environ +25%
- En parallèle, certains segments de veaux ont vu leurs cours bondir jusqu’à +125%
- Enfin, les coûts d’alimentation, d’engrais et de carburant ont reculé ou se sont stabilisés, allégeant les charges sur l’exploitation.
La fin du lait à 500 €/1 000 L ?
Les premières projections pour 2026 montrent déjà que la période d’inflation touche à sa fin. Les experts anticipent une baisse du prix du lait de base en France, avec une fourchette autour de 400–430 €/1 000 L en moyenne annuelle, ce qui marquerait la fin symbolique du lait à 500 €/1 000 L pour la majorité des exploitations.
Parallèlement, la production reste soutenue, avec une collecte qui progresse début 2026. Cela signifie que les éleveurs qui ont agrandi et maximisé leur production en 2025 se retrouvent dans une situation délicate : ils produisent plus, mais doivent vendre à des prix plus bas.
Certains accords d’aval, comme les négociations entre Bel et l’APBO, maintiennent des prix plus élevés, notamment le bio, mais ne couvrent qu’une partie des producteurs. Pour la majorité, 2026 s’annonce donc comme une année de redressement comptable après l’euphorie du précédent.



