DNC : le Sénat dresse un bilan et lance des pistes d'amélioration

Publié le 9 février 2026 par Maëva Veysset

Face à une crise sanitaire coûteuse, les sénateurs plaident pour une meilleure anticipation et un recours au financement européen.

La dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC), laisse une empreinte financière lourde dans les comptes publics. Selon un rapport d’information adopté le 4 février par la commission des affaires économiques du Sénat, la crise 2025 a déjà coûté 42 millions d’euros à l’Etat. Un montant qui n’inclut ni la vaccination massive dans le Sud-Ouest (750 000 bovins), ni le fonds d’urgence de 22 millions d’euros mise en place pour soulager les élevages impactés.

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Des indemnisations globalement saluées.

Dans le détail :

  • Les frais vétérinaires représentent un total de 21,3 millions d’euros.
  • Les indemnisations versées aux éleveurs pour le dépeuplement sanitaire atteignent 15 millions d’euros.
  • La campagne de vaccination initiale mobilise près de 3,1 millions d’euros.
  • Les analyses de laboratoire coûtent un peu plus de 100 000 euros.
  • Les mesures de biosécurité engendrent près de 800 000 euros de dépenses, auxquelles s’ajoutent 1,7 million d’euros de coûts divers.

Si les acteurs du monde agricole se disent dans l’ensemble “satisfaits” des indemnisations, les éleveurs laitiers expriment toutefois un malaise: les pertes de production n’ont été compensées que sur trois, une durée jugée trop courte.

 

Anticiper la campagne 2026 pour éviter un nouvel épisode de DNC

Les sénateurs tournent désormais leur regard vers 2026, alors que la prochaine campagne vaccinale doit être définie cette semaine, lors d’une réunion du CNOPSAV ( “le Parlement du sanitaire”). Ils appellent à anticiper le déploiement des opérations afin que les zones à risque ne soient pas prises de court.

Le rapport souligne un point d’alerte: certains bovins pourraient se retrouver sans protection vaccinale dès l’été, notamment les jeunes animaux et ceux vaccinés il y a plus d’un an. Le Sénat recommande donc de prévoir une revaccination printanière dans les régions concernées, tout en s’assurant que les stocks de vaccins disponibles soient suffisants.

En revanche, les élus se montrent fermes : pas de vaccination préventive à l’échelle nationale. Une telle opération coûterait près de 346 M€ et ferait perdre à la France son statut indemne, provoquant des pertes évaluées entre 5 et 10 milliards d’euros par an pour la filière.

Enfin les sénateurs dressent le portrait d’un système sanitaire réactif, mais perfectible. Leur mot d’ordre : mieux anticiper pour ne plus subir, et protéger à la fois la santé animal et la viabilité économique des élevages français.

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Source: AGRA presse