Installée en 2018 à Rouffiac, dans le Cantal, Émilie Cocural a rejoint la ferme familiale de son père. Face au manque de surface, elle s’est tournée vers l’estive collective pour sécuriser son installation et rendre son exploitation plus autonome.
Quand elle reprend l’exploitation, Émilie se rend vite compte que la surface disponible ne suffit pas. Même avec 30 hectares repris à son oncle et un troupeau un peu agrandi, l’équilibre reste fragile. “On n’avait pas assez de superficie pour tenir tout le troupeau et être autonome en fourrage”, explique-t-elle.
Son arrivée à la COPTASA
C’est à ce moment-là que la Chambre d’agriculture lui propose de candidater à la COPTASA. Elle accepte et intègre alors une estive collective avec une dizaine de génisses de deux ans.
C’est quoi la COPTASA ?
Une coopérative créée par des éleveurs cantaliens dans les années 1960 pour acheter et gérer des terrains d’estive ensemble.
“Ce sont des éleveurs qui se sont regroupés pour justement acheter des terrains en estive et pouvoir monter leurs bêtes là-haut”, dit-elle.
La coopérative repose sur un règlement intérieur et des règles sanitaires strictes, car les animaux doivent être en bonne santé avant de rejoindre l’estive. “Il faut montrer pattes blanches pour monter à la coopérative”, résume l’éleveuse.
Ce qu’apporte la COPTASA pour l’éleveuse
Pour Émilie Cocural, l’intérêt est d’abord pratique. L’estive collective lui permet de mieux gérer son fourrage et d’éviter des dépenses supplémentaires. Sans cette solution, elle aurait dû acheter davantage de foin ou chercher d’autres terres, ce qui aurait été plus compliqué dans un territoire où le foncier est rare.
“ Ça nous a beaucoup aidé pour mon installation”, affirme-t-elle.
Le dispositif lui apporte aussi plus de tranquillité pendant l’été. Les animaux sont surveillés par les bergers et les soins sont pris en charge sur place en cas de besoin. L’éleveuse y voit aussi un avantage économique, grâce à la conversion des bêtes en hectares et aux aides qui en découlent. “Économiquement parlant, c’est intéressant”, explique-t-elle.
Au-delà de l’aspect technique, Émilie Cocural apprécie surtout l’esprit collectif. Pour elle, travailler à plusieurs permet de réfléchir plus facilement et de trouver de meilleures solutions. “C’est toujours plus facile de réfléchir à plusieurs que tout seul”, dit-elle.
Elle souligne aussi l’intérêt des projets menés en commun, notamment sur le sanitaire et le parasitisme. La COPTASA sert donc à la fois à faire pâturer les animaux, à soutenir les éleveurs et à faire avancer les pratiques. Pour l’éleveuse, c’est une vraie aide au quotidien, mais aussi une belle aventure humaine.
“Ce n’est pas seulement une colonie de vacances pour nos bêtes, c’est aussi une belle aventure humaine”, conclut-elle.

