Publié le 18 février 2026

La Parole à... Océane Agricultrice | Vêlages, réseaux sociaux et vraie vie d’éleveuse 🐄

Aujourd'hui, on te propose une parenthèse de 25 minutes, sans langue de bois, aux côtés d’Océane Agricultrice . Un échangé spontané et profondément humaine, à l’image de son parcours et de son quotidien. Océane est agricultrice en Haute-Saône. Elle pilote une exploitation à taille conséquente avec 250 bovins, dont 100 mères charolaises, répartis sur 250 hectares mêlant cultures céréalières et surfaces en herbe. Mais son activité ne s’arrête pas aux clôtures de ses parcelles. En parallèle de son travail d’éleveuse, elle s’est aussi imposée comme créatrice de contenu, partageant avec une communauté grandissante les coulisses de la ferme, sans artifice ni mise en scène excessive. En 2025, elle incarne également le rôle d’ambassadrice du Sommet de l’Élevage, un engagement qui résonne fortement avec sa vision du métier. Au fil de l’échange, Océane revient sur son histoire personnelle. Le déclic qui l’a menée vers l’élevage ne vient ni d’un calcul stratégique ni d’un héritage évident, mais d’une émotion presque sensorielle : le bruit des sabots sur une bétaillère. Un souvenir marquant, révélateur de la passion qui anime encore aujourd’hui chacune de ses journées. L’entretien aborde aussi des sujets plus larges et parfois sensibles. Sa lecture des enjeux sanitaires actuels, ses inquiétudes, mais aussi ses incompréhensions, notamment autour de certaines décisions qui ont pu bousculer la filière. On parle concours, contexte sanitaire, pression professionnelle, avec un regard lucide sur les réalités du terrain. Impossible d’évoquer son quotidien sans parler des vêlages, véritable cœur émotionnel du métier pour elle. Océane partage ce qui la fascine dans ces moments clés, mais aussi ses méthodes et ses astuces concrètes pour mieux les anticiper et les vivre. Une séquence riche d’enseignements pour tous ceux qui connaissent l’intensité de ces périodes. La discussion se prolonge sur la face moins visible du métier : l’installation jeune. Solitude, charge mentale, complexité administrative, poids de la PAC… Océane décrit sans détour cette dimension souvent sous-estimée. Un témoignage précieux, loin des discours idéalisés. L’échange prend également une tournure plus intime lorsqu’elle évoque l’équilibre personnel, la fatigue, la santé, et notamment son combat avec l’endométriose. Un passage fort, qui rappelle que derrière chaque exploitation, il y a aussi des trajectoires de vie, des contraintes physiques et des arbitrages permanents. Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans son parcours. Pourquoi s’exposer ? Pourquoi montrer son quotidien ? Sa réponse est claire : rendre visible la réalité du métier, sans filtre inutile, et contribuer à donner confiance aux jeunes générations, en particulier aux jeunes femmes qui s’interrogent sur leur place dans le secteur. Enfin, Océane livre un message structurant pour ceux qui envisagent de s’installer : prendre le temps d’aller voir ailleurs, multiplier les expériences, s’ouvrir à d’autres environnements avant de revenir construire son propre projet. Un conseil empreint de recul et de pragmatisme. Un épisode dense, sincère et inspirant, qui reflète parfaitement l’ADN du Comptoir des Éleveurs : donner la parole à celles et ceux qui font l’agriculture, au quotidien.