Un national limousin placé sous le signe de la jeunesse

Les jeunes femelles, âgées de 15 à 26 mois, ont ouvert le bal du national limousin.
Face au nombre important de candidates, elles ont dû être divisées en quatre sections. Après avoir chauffé la sciure du Zénith, elles ont laissé la place aux jeunes mâles de 19 à 26 mois, eux aussi divisés en quatre sections. Beaucoup de ces animaux participaient pour la première fois à un concours national. « Ce sont les plus jeunes femelles autorisées à concourir à ce niveau même si certains ont déjà fait leurs preuves lors de compétitions départementales, régionales ou interrégionales » précise Thomas Welfringer, technicien au Herd Book Limousin. Une véritable demi-journée d'échauffement donc avant la grande journée de jeudi où, dès 8h30, l'ensemble des autres sections du concours ont défilé jusqu'au soir, avant de conclure par les prix d'honneur, les prix d'ensemble et une vente organisée par les éleveurs.
Durant ce concours, les juges ont dû évaluer les animaux sur leurs qualités morphologiques (développement squelettique et musculaire, largeurs, longueurs de corps, finesse d'os) selon les critères de la race.
« On peut saluer les éleveurs qui ont amené de très beaux animaux malgré la sécheresse historique » a souligné Marc Marty, juge officiant ce mardi.
L'enjeu de ce national dépasse la simple recherche des plus beaux spécimens puisqu'il s'agit de distinguer les meilleurs reproducteurs appelés à améliorer la génétique de la deuxième race bovine allaitante de France.
Farming Simulator, la ferme plus vraie que nature

Le succès autour du jeu de simulation agricole, Farming Simulator ne tarit pas. Après 15 rééditions et plus de 6 millions d’exemplaires vendus pour la dernière, il a su autant conserver son public que le renouveler. D’après le youtubeur Marlonn Ollivaux, alias « En3gie5 », le « réalisme incomparable » du jeu tant dans le visuel que « la gestion de la ferme, les aléas climatiques… » expliquent l’engouement des jeunes comme des moins jeunes.
Sur le stand dédié au jeu dans l’enceinte du Sommet de l’Élevage, tous les élèves de l’enseignement agricole (lycées, MFR), âgés de minimum 16 ans et en équipe de trois, peuvent tenter de se qualifier pour la finale nationale qui aura lieu à Paris en février prochain.

"L'AGRICULTURE BRÛLE, le satellite regarde ailleurs"

FNSEA et JA, armés de banderoles, ont dénoncé le système assuranciel sur les stands de plusieurs assureurs présents au Sommet de l’Élevage ainsi que sur le stand du ministère de l'Agriculture. Après un été brûlant, les esprits sont chauffés à blanc. Les exploitations sont « en grande souffrance », tout comme les animaux qui ont pâti des températures « malgré tous les efforts des éleveurs ». Le 1,5 milliard d’euros annoncés par l’État pour faire face à cette sécheresse historique ne sont « pas suffisants », a rappelé Jean-Luc Perrin, secrétaire général de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.
Les éleveurs dénoncent depuis plusieurs semaines déjà, un Indice Prairie et les observations par satellite, qu’ils jugent totalement déconnectées du terrain. L’indice n’a d’ailleurs pas été modifié depuis 2016 et « aucune corrélation satellite terrain n’a été vérifiée depuis 2019 »,a indiqué Patrick Bénézit, président de la FNB. « On nous avait promis des ajustements. On les attend encore » ne décolère par David Chauve. La profession attend désormais « un positionnement clair et un peu de courage » de la part d’Annie Genevard, dont la visite prévue hier au Sommet de l'élevage pourrait être reportée à jeudi.
Patûre : De la ville à la campagne, il n’y a qu’un pas

À l’occasion de l’inauguration de Pâture, bovins, ovins, caprins et éleveurs ont investi le cœur de Clermont-Ferrand pour mettre à l’honneur le pastoralisme et l’agriculture française. L’inauguration de Pâture s’est déroulée lundi soir, place de Jaude, sous les yeux ébahis de centaines de curieux venus découvrir cette reconstitution champêtre. Cet évènement a transformé la place en une immense prairie végétale de 3 000 m² pour mettre à l’honneur le pastoralisme.
Le pastoralisme c’est quoi ?
C’est un mode d’élevage extensif qui consiste à nourrir les animaux en utilisant principalement les ressources végétales spontanées des espaces naturels grâce au pâturage. Pour sa 35e édition, le Sommet de l’élevage a décidé de mettre cette pratique à l’honneur.
Le rendez-vous était donné devant l’hôtel de ville pour commencer la déambulation. Une vache Ferrandaise guidée d’une main de maître par Guy Chautard ouvrait le cortège. C’est un troupeau d’une vingtaine de moutons qui ont suivi le parcours en descendant la Rue des Gras pour finir leur défilé place de Jaude, là où l’euphorie du public commençait à se faire ressentir.
Après ce moment rarissime dans les rues clermontoises, place à la présentation des races : Aubrac, Salers, Ferrandaise, Limousine, Charolaise… Il y en avait pour tous les goûts « moi je préfère les petites les autres elles me font un peu peur », avoue Lison 6 ans en comparant les Aubracs aux Limousines. Une fois les festivités finies, l’inauguration s’est terminée par les discours des élus. Tous se sont rejoints sur ce même point :
« il faut soutenir et défendre notre agriculture française, le pastoralisme est essentiel dans le département du Puy-de-Dôme », déclare Lionel Chauvin, président du Département.
International : la carte maîtresse du Sommet

Si le Sommet de l’élevage pèse à l’international, cela ne doit rien au hasard. C’est le fruit d’un travail de fourmi opéré par des agents répartis dans soixante pays sur les cinq continents et d’un partenariat solide avec Business France. A la clé des accords d’intérêt mutuel comme celui signé hier, au Sommet, entre éleveurs français et marocains. Races Ovines des Massifs (ROM), le conseil régional, la Chambre Régionale d’Agriculture Auvergne-Rhône-Alpes (CRA AuRA) et l’Association Nationale Ovine et Caprine du Maroc (ANOC) ont ainsi officialisé leur protocole d'accord pour le lancement du projet FASEP « Coopération France-Maroc pour un élevage ovin-caprin performant ».
Ce programme est financé par la Direction générale du Trésor du Ministère français de l’Économie et des Finances. Il s’étalera sur deux ans avec le déploiement de six actions très concrètes : Conception et mise en service d'une Unité Mobile d'Insémination Artificielle Ovine autonome adaptée aux parcours marocains ; développement d'un outil informatique de gestion pour les centres d’insémination artificielle ovins et caprins ; audit et optimisation de la productivité laitière caprine à la station pilote de Bellota ; modernisation et amélioration du contrôle qualité de la transformation laitière à l'Unité Ajbane ; amélioration de la disponibilité et de la gestion des ressources fourragères face au défi climatique ; conception de modèles de bâtiments d'élevage adaptés au bien-être animal et aux contraintes thermiques locales.
Le projet rassemble un consortium de 9 experts réalisateurs : SAS ROM, CRA AuRA, Chambre d’Agriculture de l’Isère, AES Remorques, Idèle (Institut de l'Élevage), Cap Gènes / Synétics Export, Cap Pradel, Sémaé et VetAgro Sup. En parallèle, un Club d'entreprises partenaires et démonstrateurs réunit des acteurs majeurs équipant la filière (IMV Technologies, Coquard, Aurastock, Olivo, Ecopra, Chouvy, Cirad…) pour favoriser les courants d'affaires et la diffusion d'équipements français adaptés.
Erik Orsenna, un académicien dans le temple de l'élevage : ça se passe ce matin au Sommet

Un Académicien dans le plus grand salon européen de l'élevage ? Pas d'erreur de casting du Sommet de l'élevage : spécialiste, entre autres, de la ressource en eau, Erik Orsenna vient s'imprégner des savoirs locaux du monde agricole avec une conviction : "Je pense au rôle des animaux dans les territoires et aux rôles des éleveurs dans les territoires. Ma conviction absolue, c'est que l'agriculteur est rémunéré uniquement par les produits qu'il offre et pas du tout pour les services qu'il met en œuvre. Et que s'il n'y a pas d'agriculteur, il n'y a pas de paysage.
S'il n'y a pas de paysage, la nature se dégrade à toute vitesse et c'est encore pire qu'avant. Donc je mets l'agriculteur vraiment au cœur de cette affaire. Et l'éleveur, bien sûr !
Qu'est-ce qu'un paysage sans animaux, à tout point de vue ? Pas seulement esthétique, mais tous les services que rendent les animaux. C'est ça que je viens voir. Il faut savoir que dans certains domaines je suis compétent, dans celui de l'élevage et de l'élevage herbager je ne le suis pas. Je le répète : je viens apprendre. Et après avoir appris, faites-moi confiance, je vais transmettre ". Le grand oral d'Erik Orsenna est prévu ce matin de 10 à midi lors de la conférence "Territoires d'élevage : les systèmes herbagers et pastoraux, une force pour l'avenir".
Comment anticiper les crises sanitaires ? Un grand débat organisé aujourd’hui

Alors que plus de 20 % de la production animale mondiale est perdue chaque année en raison des maladies animales, la santé animale est plus que jamais au cœur des préoccupations des éleveurs. Car protéger la santé animale, c’est aussi contribuer à préserver la santé humaine et l’environnement, dans le cadre d’une approche globale aujourd’hui résumée par le concept « One Health » ou « une seule santé ». Face à des enjeux sanitaires croissants, le Sommet de l’Elevage lance un espace dédié, partagé avec les acteurs des filières viande blanche dans le Hall 2. En plus des exposants, une Agora programme plus d’une quinzaine de conférences et de tables rondes.
« Ce nouvel espace réunira l’ensemble des partenaires scientifiques et techniques qui étaient auparavant installés sur différents sites du Sommet », explique Marjorie Coulon, chargée de mission au sein du GDS Auvergne-Rhône-Alpes.
Groupements de défense sanitaire, Groupements techniques vétérinaires (GTV) ainsi que laboratoires publics et privés en santé animale seront présents. Le but de cette réunion : favoriser les échanges avec les visiteurs et développer les partenariats pérennes entre les différents acteurs du secteur. L’objectif majeur est d’informer et apporter connaissance et expertise aux visiteurs sur la prévention, la surveillance et la maîtrise des maladies animales grâce au programme d’une quinzaine de conférences plutôt courtes et interactives.
« Nous organiserons des interventions qui pourront prendre la forme de table ronde ou de quizz d’une durée de 20 minutes à une heure. » Un temps fort à ne pas manquer, aujourd’hui mercredi 7 octobre, à 16 heures : la table ronde « Comment anticiper les crises sanitaires à venir ? ».
Mélodie Comte, Camille Crombrez Patricia Olivieri et Sophie Chatenet


