Le Mercosur
Le 3 septembre, l'Union européenne a validé l’accord avec le Mercosur. Cet accord de libre-échange prévoit l'ouverture des marchés européens à 99 000 tonnes de viande bovine sud-américaine, ainsi que des quotas pour 180 000 tonnes de sucre et de la volaille. La signature, initialement prévue en décembre, a été reportée à janvier 2026 après la mobilisation des agriculteurs français et belge, ainsi que le veto du président français au Conseil Européen.
Pour aller plus loin:
La DNC
Détecté le 29 juin, dans un élevage bovin laitier de Savoie, le premier cas de Dermatose Nodulaire Contagieuse(DNC). Cette maladie virale due à un Poxvirus, transmise par des insectes vecteurs comme les Culicoides, taons ou moustiques, se manifeste chez les bovins par des nodules cutanés, fièvre, amaigrissement, chute de production laitière, lésions muqueuses et hypertrophie des ganglions, avec un taux de mortalité de 5-20%.
Face à cette épidémie rapide, qui a fait plus de 1 200 cas confirmés fin décembre selon le ministère de l’Agriculture, l’État a ordonné l’abattage total des troupeaux touchés, instauré des zones de protection de 50 km couvrant la Savoie, la Haute-Savoie, l’Ain et l’Isère, et a lancé une campagne de vaccination d’urgence pour 285 000 bovins dans le sud-est.
Pour aller plus loin:
La loi Duplomb
Adoptée définitivement le 8 juillet et promulguée le 11 août, la loi Duplomb, portée par le sénateur Laurent Duplomb, vise à lever les contraintes pesant sur les agriculteurs français pour accroître leur compétitivité face aux normes européennes et aux importations.
Le texte allège plusieurs réglementations :
- Met fin à la séparation entre la vente et le conseil phytosanitaire.
- Rend le conseil stratégique facultatif et autorise, sous dérogation d’urgence, l’usage de néonicotinoïdes comme l’acétamipride, avec une révision tous les trois ans.
- Les seuils ICPE sont relevés jusqu’à 3 000 porcs et 85 000 volailles sans étude d’impact systématique.
- Les bassines agricoles sont désormais reconnues d’intérêt général dans les zones déficitaires, sous réserve de démontrer une sobriété hydrique.
- Les inspecteurs de l’OFB peuvent aussi porter des caméras piéton lors des contrôles.
Pour aller plus loin:
La PAC
La Politique agricole commune (PAC) post-2027 réforme le soutien à l'agriculture européenne de 2028 à 2034 pour mieux répondre aux défis actuels comme les revenus fragiles et les risques climatiques.
- Elle fusionne aides PAC et fonds régionaux en un seul budget simple de 300 milliards d'euros pour l'UE, dont 51 milliards pour la France.
- Elle cible les aides sur les petites fermes, jeunes agriculteurs et zones difficiles avec une dégressivité au-delà de 20 000 €/ha et un plafond à 100 000 €/an.
- Elle double la réserve de crise pour mieux gérer sécheresses ou maladies.
- Elle simplifie la transition écologique avec des écorégimes lisibles et des MAEC adaptées localement
Ces discussions ont débuté le 15 avril avec la communication initiale de la Commission sur le cadre financier pluriannuel (CFP).
Pour aller plus loin:
Les élections en chambres d’agriculture
Les élections des membres des chambres d’agriculture se sont déroulées entre le 15 et le 31 janvier 2025, avec un scrutin organisé par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire en lien avec les préfets et les services déconcentrés.
Ces scrutins, qui renouvellent pour un mandat de six ans les représentants agricoles à l’échelle départementale, interdépartementale et territoriale, ont mobilisé différents collèges d’électeurs tels que les chefs d’exploitation, les propriétaires ou encore les salariés agricoles.
À l’issue du dépouillement des votes, les résultats ont été publiés début février 2025 et montrent des évolutions significatives dans le paysage syndical agricole. Si l'alliance traditionnelle FNSEA-JA reste souvent en tête dans plusieurs départements, des progressions marquées ont été observées pour la Coordination rurale et d’autres listes selon les territoires.
Les élus issus de ces scrutins doivent ensuite procéder à l’élection des instances régionales et à l’élection des présidents de chambres, comme Olivier Lebert, élu président de la chambre d’agriculture de région des Pays de la Loire.
Enfin, Sébastien Windsor a été réélu à la présidence de Chambres d’agriculture France, l’instance nationale fédératrice du réseau, lors de la session d’installation des nouveaux membres.
Pour aller plus loin:
Taxes américaines
En 2025, l’agriculture française a été durement touchée par le durcissement des droits de douane imposés par les États-Unis. Ces mesures ont ciblé des produits emblématiques du savoir-faire français, notamment les vins, les fromages, les volailles et certains fruits transformés, fragilisant directement des filières déjà sous pression.
Dès le 9 avril, l’application de droits additionnels compris entre 10 et 20 % a fortement augmenté le coût des exportations vers le marché américain, qui représente à lui seul près de 15 % des ventes agroalimentaires françaises. Cette hausse brutale a entraîné une baisse significative des volumes exportés et des pertes économiques estimées à environ 2 milliards d’euros pour le secteur.
L’annonce, le 12 juillet, d’un relèvement des droits pouvant atteindre 30 % a accentué l’inquiétude des professionnels, avant qu’un accord conclu fin juillet ne permette de limiter partiellement les dégâts. Entré en vigueur le 7 août, cet accord a maintenu des exemptions pour certains produits sensibles, ramenant le taux moyen à environ 15 % et évitant un effondrement total des échanges.
Pour aller plus loin:
La loi d’orientation agricole
La loi d’orientation agricole (LOA) de 2025 marque une étape clé pour l’agriculture française en renforçant la souveraineté alimentaire et en favorisant le renouvellement des générations d’agriculteurs. Adoptée définitivement par le Parlement le 20 février 2025 et promulguée le 24 mars suivant, elle répond aux défis du secteur comme le vieillissement des exploitants et les transitions agroécologiques.
Cette loi s’articule autour de quatre axes stratégiques :
- Reconquérir la souveraineté alimentaire.
- Former les agriculteurs de demain.
- Faciliter l’installation.
- La transmission des exploitations.
- Sécuriser les activités agricoles.
Elle inscrit l’agriculture comme un « intérêt général majeur » et un « intérêt fondamental de la Nation », priorisant une production stable et durable.
Pour en savoir plus:
La Grande Consultation des Agriculteurs
En 2024, The Shift Project, organisation fondée en 2010 et présidée par Jean-Marc Jancovici, a mené une grande consultation auprès des agriculteurs français pour identifier les moyens de favoriser la transition agricole et de réduire l’empreinte carbone des exploitations.
Les résultats ont été présentés en 2025, lors du Sommet de l’Élevage le 8 octobre, où Jancovici a exposé les enjeux et recommandations issus de cette consultation. Pour prolonger cette dynamique, le Shift Project a lancé en novembre 2025 la communauté “Agri2050”, un réseau apolitique et asyndical visant à permettre aux agriculteurs de partager expériences, idées et pratiques concrètes pour décarboner leurs exploitations et s’adapter aux défis climatiques, tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique et à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles en France.
Pour aller plus loin:
Un Sommet réussi en dépit du contexte sanitaire
Du 7 au 10 octobre 2025, la 34ᵉ édition du Sommet de l’Élevage s’est tenue à la Grande Halle d’Auvergne, à Cournon‑d’Auvergne, rassemblant près de 1 770 exposants et plus de 120 000 visiteurs, dont 6 000 internationaux.
Cette année, le salon s’est déroulé sans la présence physique des bovins à cause de mesures préventives liées à la Dermatose Nodulaire Contagieuse, mais cela n’a pas freiné les échanges et la promotion des races bovines.
Le Maroc, pays invité d’honneur, a apporté une dimension internationale avec un pavillon de 170 m² favorisant la coopération et les échanges techniques. Le programme a été rythmé par la conférence de Jean‑Marc Jancovici, la soirée Deutz‑Fahr avec le tracteur à gagner, ainsi que des événements festifs et régionaux avec les jeunes agriculteurs.
Malgré ces contraintes, le Sommet 2025 a montré la vitalité et l’innovation du secteur agricole français, combinant rencontres professionnelles, échanges internationaux et moments conviviaux.
Pour aller plus loin:

