Pastoralisme : Rencontre avec Alexandre Battut, éleveur de brebis

Publié le 26 mai 2026 par Maeva Veysset

Alexandre Battut est éleveur de brebis, avec un cheptel de 550 mères. Installé sur la commune de Ceyssat depuis le 1 janvier 2025 en tant qu’hors cadre familial après un stage-parrainage, ce jeune éleveur a une gestion de l’herbe bien cadré sur son exploitation.

 

 

Son exploitation est située à 950 mètres d’altitude au pied du Puy de Dôme (63). Le cœur de ferme domine un éventail de parcelles : bocages productifs et fauchettes à 750-800 mètres, puis une estive à 1200 mètres. L’estive principale, 20 hectares entre plaine et espaces boisés, appartiennent aux Biens Non Définis communaux. Louée via une Association Syndicale Libre, elle finance l’entretien des chemins grâce à la pâture.

 

Le système herbager : une transhumance millimétrée

Le printemps déclenche la mécanique. Mi-avril, les brebis sortent sur les parcelles basses à 750-800 mètres, là où l’herbe repousse la première, au vue de l’humidité et de l’exposition. Et au fur et à mesure que l’herbe pousse, Alexandre déplace les brebis en altitude, jusqu’à se trouver début juin sur la grande parcelle d’estive. Ce rythme impose une herbe toujours de première coupe, tendre et riche en protéines. En haut, les bêtes libèrent les regains en plaine :

“C’est le moment où on va faucher ce qu’elles ont mangé au tout début pour faire le fond pour l’hiver. ”

Août marque la redescente vers les bas. Résultat : 100% pâturage au printemps et en été, pas ou peu d’achat de fourrage, même sur des années très sèches comme en 2025.

 

Gestion de l’herbe et de l’eau

 

À 1200 mètres, l’estive de 20 hectares semi-boisés prend toute son importance en juillet-août. C’est une grosse ressource fourragère, mais elle apporte aussi un abri naturel contre les fortes chaleurs en cette saison. Seul à gérer son troupeau, Alexandre y voit un gain de temps précieux :

"Je suis tout seul et moins je bouge les bêtes, plus je gagne de temps."

 

La montée en estive des 550 mères n’est possible que parce que l’eau se trouve directement dans la parcelle. La gestion de l’eau devient alors la priorité. "On a la grande chance d’avoir l’eau maintenant dans la parcelle, ce qui permet de laisser les bêtes et de gagner beaucoup de temps" , souligne Alexandre.

 

En 2025, année très sèche, l’eau a été au cœur du débat.

"Pour la brebis, au printemps ou à l’automne, la rosée et l'humidité suffisent presque. Alors qu’en période sèche comme l’année dernière, juillet-août, c’était une énorme consommation", témoigne l’éleveur.

 

En plaine, il tracte encore des tonnes à eau, mais l’estive avec ses abreuvoirs gravitaires change la donne. Ce savant ballet entre pâturages verticaux et gestion de l’eau permet à Alexandre de rester autonome sans salarié. Les aides des collectivités de la commune à l’Europe ont accompagné l’installation et les équipements hydrauliques. “Je me sens bien aidé par toutes les collectivités” , reconnaît-il.

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