Dans le podcast Un Foin c’est tout, Frédéric Mouvier, co-créateur de Baoba, démonte les idées reçues sur le numérique en élevage. Loin de remplacer l’humain, ce logiciel libère du temps administratif jusqu’à 50% et booste la santé animale, pour tous les élevages, petits ou grands.
L’automatisation qui libère l’éleveur
Frédéric Mouvier, lors du Sommet de l’Élevage, balaie un mythe persistant :
" L'idée que l'autorisation supprime l'emploi en ferme est un contresens majeur. "
Selon lui, le numérique agit comme un exosquelette pour l’esprit, absorbant la complexité réglementaire et la charge mentale liée à la traçabilité et aux cahiers des charges.
Résultat : l’éleveur retrouve du temps pour ce qui fait le cœur de son métier.
Les outils numériques ne remplacent pas le lien au vivant, ils restaurent l’espace de décision et d’attention qui s’était réduit sous la pression administrative.
Une interface pensée pour tous les élevages
Née en 2019 de la rencontre entre Frédéric Mouvier et Mathieu Godet éleveur lui-même, Baoba centralise troupeaux bovins, ovins, volailles, cultures, parcelles et matériel dans une application mobile unique.
L’objectif : offrir aux éleveurs une vue complète et en temps réel de leur exploitation, qu’ils dirigent une petite ferme traditionnelle ou un élevage plus important.
L’application intègre boucles électroniques, panneaux de lecture et pesées automatiques, permettant une collecte de données instantanée. Les ressaisies multiples et l’usage de logiciels isolés appartiennent désormais au passé.
Co-construite avec 200 fermes pilotes, elle favorise aussi les échanges collaboratifs avec vétérinaires et coopératives, tout en hébergeant les informations sur serveurs propres, garantissant une souveraineté totale des données.
" L’application doit être intuitive pour être adoptée "
rappelle Frédéric Mouvier. Même les petites exploitations traditionnelles peuvent ainsi bénéficier d’une solution complète. La technologie devient accessible et équitable, quelle que soit la taille du cheptel.
Moins de bureaucratie, plus de santé animale
Grâce à l’interopérabilité, le temps administratif peut être réduit de 50 %. Les déclarations se font automatiquement, les données remontent instantanément vers conseillers et coopératives, et le gain économique devient tangible pour l’exploitation.
Les bénéfices se lisent surtout dans l’étable. Sur deux ans, la fréquence des pneumonies a été divisée par quatre, la mortalité avant sevrage a chuté de 10 % et les troubles digestifs des veaux ont été réduits de 50 %.
" Diviser par deux la mortalité des veaux, c’est épargner à l’éleveur le traumatisme de la perte "
souligne le co-fondateur. La donnée devient un outil de bienveillance, redonnant sens et plaisir au soin quotidien.
Souveraineté des données
Testée sur 200 fermes pilotes, Baoba permet aux agriculteurs de rester maîtres de leurs informations. "Aucun cloud tiers": toutes les données restent sur des serveurs propriétaires.
A raison d’un coût avoisinant les 30 € à 40 € le retour sur investissement est rapide, surtout quand on prend en compte le temps gagné et la diminution des pertes animales.
Aujourd’hui, Baoba équipe déjà plusieurs centaines d’exploitations et son adoption devrait croître rapidement, armant l’agriculture pour devenir plus résiliente face aux pressions économiques, réglementaires et climatiques.


