Dans un communiqué publié le 15 juin, la FNB, la FNPL, la FNO et la FNEC estiment que les premières propositions de la Commission européenne ne sont pas à la hauteur des enjeux de souveraineté alimentaire et de renouvellement des générations. Elles demandent une future PAC "forte, volontaire, ambitieuse et européenne" pour enrayer le recul de l’élevage de ruminants en France.
Les organisations veulent peser dans les travaux du Parlement européen, alors que la commission agriculture doit rendre son rapport à la fin du mois. Elles défendent une PAC qui conserve un cadre réellement commun à tous les États membres, avec un budget consolidé par rapport à la période actuelle pour tenir compte de l’inflation, et surtout totalement autonome, sans intégration dans des plans de partenariats nationaux et régionaux.
Un budget jugé insuffisant
Le premier grief porte sur le budget proposé. Pour les quatre fédérations, il ne répond pas aux besoins liés à la souveraineté alimentaire ni aux évolutions de coûts subies par les exploitations. Elles demandent donc une réévaluation de l’enveloppe afin de préserver une PAC dotée de moyens comparables à ceux de la période actuelle en euros constants.
Au-delà du montant, elles insistent sur la gouvernance du dispositif. La PAC doit rester, selon elles, une politique commune et non se fragmenter dans des logiques nationales qui risqueraient d’accentuer les écarts entre États membres.
Renforcer le couplage
Les fédérations appellent aussi à maintenir et renforcer le couplage des aides en faveur de l’élevage de ruminants. Elles rappellent que la filière française est engagée depuis plus d’une décennie dans une décapitalisation continue, avec la disparition depuis 2010 de plus d’un million de vaches, d’un million de brebis et de 150 000 chèvres.
Selon elles, le couplage constitue un levier indispensable pour stopper cette baisse de production et conserver le potentiel d’élevage sur le territoire. Elles jugent à ce titre cohérente la proposition de la Commission européenne qui maintient cet outil.
Mieux cibler les aides
Les organisations professionnelles souhaitent également que la PAC valorise davantage les exploitants actifs, c’est-à-dire les femmes et les hommes qui conduisent réellement les fermes, produisent et font vivre les territoires. Elles saluent la proposition d’un mécanisme obligatoire de plafonnement et de dégressivité de l’aide surfacique de base à l’échelle européenne, qu’elles voient comme un moyen de mieux tenir compte des très grandes exploitations répandues ailleurs en Europe.
Dans cette logique, elles défendent aussi le maintien du paiement redistributif, présenté comme un outil favorable à l’actif exploitant et utile pour limiter les distorsions de concurrence entre États membres.
Valoriser les services rendus
Les fédérations demandent enfin une meilleure rémunération des pratiques déjà mises en œuvre par les élevages de ruminants, notamment dans les systèmes herbagers, fourragers et pastoraux. Elles mettent en avant le rôle de ces exploitations dans le maintien des prairies, des haies, de la biodiversité, de la qualité de l’eau, du stockage de carbone et de l’entretien des paysages.
Elles estiment que la PAC ne rémunère pas suffisamment ces contributions et plaident pour un renforcement des aides à vocation environnementale en faveur des fermes d’élevage. Pour elles, l’avenir du secteur passe aussi par le renouvellement des générations, l’installation et la transmission des exploitations.
Au-delà des mesures techniques, le message envoyé à Bruxelles est politique. La FNB, la FNPL, la FNO et la FNEC affirment qu’il ne peut pas y avoir d’avenir pour l’élevage de ruminants sans une PAC solide, européenne et adaptée aux spécificités des systèmes français. Elles présentent cette réforme comme une condition de la souveraineté alimentaire et de la vitalité des territoires.
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