Lait : une année 2025 contrastée pour les filières bovine et caprine

Publié le 24 juin 2026 par Maëva Veysset

En 2025, la filière laitière française a conjugué reprise technique, amélioration sanitaire et tensions de marché. Les bovins laitiers ont gagné en productivité, tandis que les caprins ont amorcé un redressement après un début d’année fragile.

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L’année 2025, porteuse pour l’élevage bovin laitier

L’année 2025 aura globalement souri aux élevages bovins laitiers. Selon le compte-rendu publié le 22 juin par l’IDELE en collaboration avec Eliance, la production moyenne atteint 9 156 kg par lactation, soit 163 kg de plus qu’en 2024. Dans un contexte de baisse du nombre d’exploitations et de recul des lactations qualifiées, cette progression traduit un net gain d’efficacité dans les troupeaux.

La qualité sanitaire suit la même trajectoire. La moyenne cellulaire recule à 218 000 cellules/mL, contre 234 400 cellules/mL l’année précédente. La baisse, de 16 400 cellules/mL, confirme une amélioration réelle de l’état mammaire des vaches et replace la situation pratiquement au niveau de 2021, meilleure année depuis dix ans. La longévité du troupeau s’améliore elle aussi. La durée de vie moyenne des vaches atteint 71,1 mois en 2025, contre 69,9 mois en 2020. Le nombre moyen de lactations par vache passe dans le même temps de 2,87 à 3,02, signe d’une meilleure valorisation des animaux sur la durée.

Une fin d’année plus compliquée pour la filière bovine

Cette bonne tenue technique ne doit pas masquer une fin d’année plus compliquée sur le plan économique. Après une première partie de campagne favorable, la hausse de l’offre laitière a commencé à peser sur les équilibres de marché. La filière est passée d’une logique de tension sur les volumes à une situation plus abondante, avec un effet rapide sur les prix.

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L’IDELE souligne également que la collecte a progressé à l’échelle française et européenne, ce qui a renforcé la pression sur les cours. Pour 2026, la prudence reste donc de mise : les performances d’élevage demeurent solides, mais la valorisation du lait pourrait s’avérer moins confortable que celle observée en 2025.

Une année complexe pour la filière caprine

Chez les caprins, l’année 2025 s’est construite en plusieurs temps. Selon l’IDELE, dans son compte rendu du contrôle laitier caprin pour 2025, la production laitière s’est établie à 1 009 kg par chèvre et par lactation, soit 18 kg de moins qu’en 2024. Le début de campagne a été pénalisé par des fourrages de moins bonne qualité, hérités de 2024, avant un rattrapage progressif grâce à de meilleures récoltes au printemps. La production s’est redressée au fil des mois, sans toutefois retrouver totalement le niveau de 2023.

Cette évolution montre une filière plus sensible aux aléas climatiques et à la qualité des stocks fourragers. Elle souligne aussi le rôle central de l’alimentation dans les performances laitières des chèvres, souvent plus exposées que les bovins aux variations de ressource. L’IDELE indique également que la durée moyenne de lactation a reculé à 332 jours, contre 337 jours en 2024, mettant fin à plusieurs années de progression.

Sur le plan structurel, la part des primipares dans les lactations qualifiées s’établit à 36,1%, en léger repli de 0,8 point sur un an. Dans le même temps, les gros troupeaux de plus de 250 lactations représentent 21,3% des exploitations, en hausse de 0,3 point, ce qui confirme la tendance à la concentration observée ces dernières années. Sur le plan économique, la baisse des charges opérationnelles a constitué un point d’appui important dans certains systèmes. Associée à une légère amélioration du prix du lait, elle a permis de contenir la dégradation des marges dans plusieurs systèmes spécialisés.

La filière caprine encore fragile

Le redressement caprin ne doit pas masquer des fragilités persistantes. La sécheresse a laissé des traces sur les stocks et a parfois obligé les éleveurs à rentrer les animaux plus tôt que prévu. Dans le même temps, la filière reste confrontée à un enjeu structurel de renouvellement des actifs et d’attractivité des installations.

Les débouchés, eux, demeurent contrastés. Les fromages de chèvre consommés à domicile résistent mieux, tandis que la restauration hors domicile subit davantage la concurrence des autres produits laitiers. Autrement dit, la reprise technique n’efface pas les limites d’un marché encore très dépendant du contexte climatique et commercial.

Perspective 2026 pour les deux filières

Après un prix du lait record à 515 €/1 000 l en 2025, l’IDELE anticipe pour la filière bovine laitière un marché davantage sous pression en 2026, avec une offre toujours abondante en France et en Europe. La collecte française a progressé de 2,2% en 2025, à 24,20 Mt, ce qui soutient la production mais pèse sur les prix.

La filière caprine reste plus fragile, même si la production s’est redressée en fin d’année 2025. Après une campagne marquée par des fourrages irréguliers et des stocks tendus, 2026 dépendra surtout des conditions climatiques et du niveau du prix du lait.

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