Les XIVes Assises européennes de la montagne se concluent par la Déclaration de Sallanches

Publié le 2 juillet 2026 par Maëva Veysset

Réunis du 30 juin au 2 juillet 2026 à l’occasion des XIVes Assises européennes de la montagne, à Sallanches (Haute-Savoie), les acteurs du monde pastoral ont adopté la Déclaration de Sallanches, un texte offensif en faveur de l’élevage extensif et du pastoralisme. Présenté par Laura Gascon Herrero, présidente d’Euromontana, le document appelle à reconnaître ces activités comme stratégiques pour l’Europe et à mieux rémunérer les services qu’elles rendent aux territoires d’altitude.

©Michelle Baudoin

Le message : le pastoralisme n’est pas un vestige du passé, mais un système vivant, indispensable à l’économie, aux paysages et à la biodiversité des montagnes européennes. Parmi les signataires et les participants présents figurent Léa Laurence, Patrick Escure, Patrick Bénizet, David Chauve, Joël Pignaniol, Richard Randanne et Dominique Fayel.

Une filière fragilisée

Le communiqué d’Euromontana insiste d’abord sur la fragilité économique du secteur. Dans les zones de montagne, la productivité agricole est inférieure de 40% à celle des zones de plaine, tandis que les revenus y sont plus faibles de 20,4%. Cette situation alimente les cessations d’activité, dans un contexte de concentration des marchés et du foncier, de pression sur l’usage des terres et d’effets aggravés du changement climatique.

L’organisation alerte aussi sur un risque plus large d’abandon agricole : jusqu’à 11% des terres agricoles en Europe seraient menacées d’abandon. À cela s’ajoutent le manque de repreneurs, la difficulté à recruter de la main-d’œuvre, l’accès parfois insuffisant au foncier, au financement, au logement, à la formation et aux services publics, autant de freins à l’installation et au maintien des familles en montagne.

Des biens publics à rémunérer

Pour Euromontana, la question ne se limite pas à la seule production de viande ou de lait. Le pastoralisme fournit aussi des biens publics que le marché ne rémunère pas : entretien des prairies, préservation de la biodiversité, gestion de l’eau, prévention des incendies, résilience climatique et sauvegarde des paysages. L’organisation demande donc une rémunération collective de ces fonctions, via les politiques publiques européennes, nationales et régionales.

La déclaration souligne également que sans bergers et sans éleveurs extensifs, de nombreuses prairies disparaîtraient ; sans prairies en bon état, les systèmes extensifs ne survivraient pas. Dans cette logique, le pastoralisme est présenté comme un maillon central de la vitalité des territoires, bien au-delà de la seule exploitation agricole.

Une PAC post-2027 plus ciblée

Euromontana appelle à un soutien politique plus cohérent, en particulier dans la future Politique agricole commune. La déclaration plaide pour une PAC post-2027 forte pour les zones de montagne, avec un fléchage de 15% en faveur des zones soumises à contraintes naturelles, ainsi qu’un meilleur ciblage des aides, notamment par le plafonnement et la dégressivité.

Le texte insiste aussi sur la nécessité de prendre en compte les surcoûts liés à l’éloignement et aux contraintes naturelles, en intégrant davantage les réalités de montagne dans les soutiens couplés, les investissements et les outils de compensation. L’objectif affiché est de garantir une alimentation sûre, diversifiée et de qualité, tout en maintenant des revenus stables pour les éleveurs.

Le renouvellement des générations

La question du renouvellement des générations occupe une place importante dans la déclaration. Euromontana veut rendre la profession plus attractive grâce à l’investissement, à la formation, à la recherche, à la promotion du métier et, lorsque cela est utile, à des outils numériques ou à l’intelligence artificielle “soigneusement testés”.

Les écoles de bergers et les formations pastorales sont présentées comme des outils essentiels de transmission des savoir-faire. Le texte insiste sur la nécessité de permettre aux futures générations de vivre dignement de ce métier, de s’y projeter durablement et de le choisir avec fierté, dans un environnement professionnel reconnu et sécurisé.

Un enjeu territorial

Au-delà de l’élevage, la déclaration de Sallanches porte un message plus large sur l’avenir des montagnes européennes. Euromontana défend le droit de rester, de travailler et de construire un avenir en zone de montagne, en appelant à davantage d’investissements dans les services publics, l’emploi et la vie locale.

DÉCLARATION DE SALLANCHES
DÉCLARATION DE SALLANCHES
Présentée lors des XIV Assises Européennes de la Montagne à Sallanches (Haute-Savoie) le 2 juillet 2026. Assurer l'avenir de l'élevage extensif et du pastoralisme en zones de montagne.

Dans cette perspective, l’idée d’un Pacte européen pour la montagne est mise en avant comme une étape structurante pour donner aux territoires d’altitude une stratégie politique à la hauteur de leurs besoins.

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