Le gouvernement a présenté un plan de 300 millions d’euros en faveur de l’agriculture, articulé autour de 11 mesures visant à répondre aux crises sanitaires, économiques et structurelles que traversent les filières. Ce plan mêle dispositifs d’urgence, ajustements réglementaires et engagements européens, avec de nombreuses mesures conditionnées à l’adoption du budget 2026.
1. DNC: une mobilisation totale des scientifique pour faire évoluer le protocole sanitaire
Pour faire face à la DNC, le gouvernement met en avant une mobilisation rapide et une volonté d’adapter le cadre sanitaire :
- 87% des bovins des départements concernés ont été vaccinés en trois semaines.
- Aucun nouveau foyer n'a été détecté depuis plusieurs jours.
- Indemnisations engagées pour préserver la trésorerie des exploitations touchées.
- Exonération de cotisations et de fiscalité sur ces indemnisations à partir de 2026, avec effet rétroactif au 1er janvier, sous réserve budgétaire.
- Doublement des aides exceptionnelles pour les acteurs pénalisés par le blocage des bovins, portées à 22 millions d’euros.
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2. Revenu agricole : PAC garantie et suspension du MACF
Le gouvernement met en avant la sécurisation des revenus via le cadre européen :
- Garantie qu’ "il ne manquera pas un centime" au budget de la future PAC sur 2028‑2034 par rapport à la programmation précédente.
- Défense d’une PAC intégrant l’inflation, refusant une renationalisation des aides.
- Suspension obtenue de l’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais avec une application rétroactive au 1er janvier 2026.
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3. Produits phytosanitaires : fin du "deux poids, deux mesures"
Pour limiter la concurrence déloyale et protéger les consommateurs :
- Arrêté du 7 janvier interdisant l’importation de denrées contenant des résidus de cinq substances interdites en Europe.
- Création d’une brigade spéciale pérenne pour contrôler plus largement les denrées importées.
4. Viticulture : accompagner les restructurations
Le plan viticulture, déjà présenté au SITEVI "Salon international des équipements et savoir-faire pour les productions vigne-vin, olive, fruits-legumes", doit être déployé pleinement :
- Accélération du processus d’arrachage, avec un lancement dès le conseil spécialisé de FranceAgriMer.
- Enveloppe de 130 millions d’euros dédiée aux arrachages.
- Demande française d’activation de la réserve de crise européenne pour la viticulture.
5. Grandes cultures : un soutien ciblé
Pour les grandes cultures, le gouvernement annonce des aides immédiates :
- Aides d’urgence de 40 millions d’euros, sous réserve de l’adoption du budget 2026.
- Demande française d’activation de la réserve de crise européenne pour le secteur.
6. Loup : mieux protéger les éleveurs
La gestion du loup est ajustée pour mieux protéger les troupeaux :
- Prise en compte du reclassement du loup dans la Convention de Berne.
- Arrêté interministériel annoncé pour renforcer la protection des troupeaux.
- Relèvement du plafond de tirs autorisés de 19% à 21%.
7. Eau: lever les blocages et investir
La question hydraulique fait l’objet d’un effort financier et juridique:
- Le fond hydraulique de l’Etat passe de 20 à 60 millions d’euros après adoption du budget 2026.
- Réexamen au niveau national des projets hydrauliques actuellement bloqués.
- Possibilité pour le porteur de projet de demander des dommages et intérêts en cas de recours abusif.
8. 30 millions d’euros supplémentaires pour trois plans de filière
Pour préparer l’avenir et renforcer la souveraineté alimentaire :
- 30 millions d’euros supplémentaires pour les plans Agriculture Méditerranée, Fruits et légumes et Protéines.
- Renforcement de la souveraineté alimentaire sur ces productions stratégiques.
- Portage des moyens de la planification écologique agricole à plus de 50 millions d’euros dans le prochain budget soumis au Parlement.
9. Loi Duplomb-Ménonville : accélérer la levée des freins
La loi est présentée comme un outil pour simplifier et rendre plus lisible le cadre des élevages:
- Signature avant fin janvier des décrets relatifs aux installations classées pour l’environnement (ICPE).
- Dès février, commencement de l’examen parlementaire d’un régime juridique spécifique pour les élevages.
- Volonté que l’homologation des produits phytopharmaceutiques devienne pleinement une compétence européenne, pour réduire les distorsions de concurrence internes.
10. Mesure fiscales et sociales : alléger les charges
Sur le volet social et fiscal, plusieurs mesures sont confirmées ou prolongées :
- Entrée en vigueur au 1er janvier 2026 de la réforme des "25 meilleures années" pour la retraite des agriculteurs Poursuite du "choc fiscal " de 500 millions d’euros dans le budget 2026.
- Lancement en janvier d’une mission d’inspection sur la hausse des charges supportées par les agriculteurs, filière par filière.
11. Reconquérir la souveraineté alimentaire et sanitaire
Enfin, le gouvernement inscrit ces mesures dans une stratégie de long terme :
- Poursuite des conférences sur la souveraineté alimentaire.
- Attention particulière accordée aux épizooties émergentes.
Annoncé les 10 et 11 janvier 2026, le plan gouvernemental "Un engagement porté à la hauteur de 300 millions d’euros” marque une nouvelle étape dans les stratégies de soutien au monde agricole. En 11 actions ciblées, l’exécutif entend répondre aux urgences sanitaires, économiques et structurelles tout en amorçant une reconquête durable de la souveraineté alimentaire française.
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