Ce 13 août, la France traverse une nouvelle journée de très fortes chaleurs, avec 80 départements maintenus en vigilance orange canicule selon Météo-France. Pour les éleveurs, la question devient urgente, une vache laitière peut boire jusqu’à 140 litres d’eau par jour en période de forte chaleur.
En élevage, on parle beaucoup de ration, de fourrage, de concentrés, de minéraux ou de conduite sanitaire. Mais avant tout cela, il y a l’eau. Un animal qui boit moins mange moins. Et un animal qui mange moins produit moins, valorise moins bien sa ration et devient plus sensible au stress thermique. Le GDS Centre-Val de Loire rappelle que les volumes d’eau bue peuvent être multipliés par 1,5 entre 15 et 25 °C, puis par 2 entre 15 et 30 °C.
Combien boit un bovin en période chaude ?
Une vache laitière en production peut consommer 60 à 140 litres d’eau par jour en période de fortes chaleurs. Ce niveau dépend notamment de la production laitière, de la quantité de matière sèche ingérée, de l’humidité de la ration et de la température extérieure.
Au pâturage, les repères sont également élevés. Des références techniques indiquent qu’une vache laitière consomme environ 100 litres d’eau par jour, avec un débit souhaité de 30 litres par minute. Pour 50 vaches laitières, il faut prévoir environ 500 litres de volume de bac et disposer d’une contenance équivalente à un quart des besoins du troupeau toutes les 30 minutes.
Chez les ovins, caprins quels sont les besoins ?
En ovins, les références récentes de l’Institut de l’Élevage indiquent une consommation quotidienne d’environ 6,5 litres d’eau pour une brebis en fin de gestation et 8,5 litres pour une brebis en lactation. Ces repères ont été actualisés à partir de mesures réalisées en 2023 et 2024, notamment au CIIRPO.
En caprins, la chaleur fait rapidement monter les besoins. Les références d’Élevages Caprins indiquent qu’une chèvre consomme 4 à 6 litres d’eau par jour à 25 °C, puis 6 à 8 litres par jour à 30 °C. L’inconfort thermique des caprins peut débuter dès 16 à 18 °C, et l’adaptation devient plus difficile à partir de 25 °C, surtout si l’hygrométrie est élevée.
Ces chiffres doivent être mis en face des périodes à risque : lactation, fin de gestation, forte chaleur ou eau moins fraîche. Dans ces situations, l’abreuvement peut devenir un facteur limitant avant même que l’on observe des signes sanitaires marqués.
Une bonne installation pour une bonne hydratation
1. Le nombre d’abreuvoir
Les bovins sont grégaires, mais tous les animaux n’ont pas le même rang social. Les dominants accèdent plus facilement à l’eau. Les dominés peuvent attendre, se faire repousser ou boire moins longtemps. Au pâturage, le FRGDS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que les animaux s’abreuvent généralement 2 à 5 fois par jour, mais que ce nombre peut dépasser 10 fois par jour. Les vaches laitières boivent plus souvent que les vaches allaitantes, et la fréquence augmente avec la température et la proximité du point d’eau.
Quand l’abreuvoir est proche, le système doit permettre à au moins 10 % du troupeau de boire en même temps et fournir un quart de la consommation quotidienne du troupeau en 10 minutes. Au-delà de 200 mètres, les animaux se déplacent moins souvent et en groupes plus importants : il faut alors permettre à 20 % du troupeau de boire simultanément et fournir la moitié de la consommation quotidienne en 10 minutes.
Le FRGDS Auvergne-Rhône-Alpes indique aussi qu’au-delà de 400 mètres, la fréquentation des zones les plus éloignées de la pâture diminue. En période très chaude, au-dessus de 28 °C, les animaux restreignent leurs déplacements et se regroupent dans les zones ombragées.
L’abreuvoir ne doit pas forcément être placé directement à l’ombre. C’est tentant, mais cela peut créer une zone de concentration, avec des dominants qui monopolisent l’accès. Le bon compromis consiste à placer l’eau dans un endroit accessible, stabilisé, facile à contrôler, avec des zones d’ombre disponibles à proximité mais pas forcément collées au bac.
2. La qualité du débit de l’eau
Pour les vaches laitières en bâtiment, les recommandations CNIEL-Idele indiquent un débit de 15 à 20 litres par minute, avec une longueur d’abreuvoir de 6 cm minimum par vache et un objectif de 10 cm par vache l’été. Elles recommandent aussi une distance maximale de 20 mètres entre deux abreuvoirs, une hauteur d’abreuvoir de 0,70 à 0,75 mètre, et une hauteur d’eau minimale supérieure à 7 cm dans l’abreuvoir.
Si on entend des bruits de succion, si les animaux attendent pour boire ou si plusieurs vaches se bousculent autour du même bac, c’est souvent que l’installation ne suffit pas.
Mesurer le débit de son installation:
On prend un seau gradué, on ouvre l’arrivée de l’abreuvoir pendant une minute et on regarde le volume réellement délivré. Ce test doit être fait sur plusieurs points d’eau, surtout les plus éloignés du réseau, car le débit peut varier fortement d’un abreuvoir à l’autre.Pour savoir si un troupeau boit assez, il faut croiser trois données : les besoins en litres par jour, le débit disponible au point d’eau et l’accès réel pour tous les animaux. C’est souvent là que se joue la différence entre une installation “présente” et une installation vraiment efficace.

