L’ESSENTIEL
- La Ferrandaise est une race bovine locale du Puy-de-Dôme. - Elle se reconnaît à ses robes barrées, brégnier ou poudrées. - Elle a frôlé la disparition dans les années 1970. - L'association de sauvegarde de la race est créée en 1978. - La race à l’honneur du Salon international de l’agriculture 2027.La Ferrandaise est une race bovine rustique originaire du Puy-de-Dôme, en Auvergne. Cette vache est polyvalente, elle peut autant convenir à une production laitière qu’en viande. Dans les années 1970, la race à bien failli disparaître et sa survie est due à des éleveurs passionnés.
En 2027, la race sera mise à l’honneur au Salon international de l’agriculture. Un beau coup de projecteur pour cette vache d’Auvergne.
Qu’est-ce que la Ferrandaise ?
La Ferrandaise est une race bovine à faible effectif, originaire du Puy-de-Dôme. Elle appartient aux races locales rustiques, c’est-à-dire à des races façonnées par un territoire, un climat et des pratiques agricoles anciennes. C’est une race mixte qui peut être valorisée pour le lait, notamment en transformation fermière, mais aussi pour la viande en système allaitant. Cette polyvalence a longtemps fait sa force dans les fermes auvergnates, où chaque animal devait remplir plusieurs fonctions.
D’où vient la race Ferrandaise ?
La race Ferrandaise trouve son berceau dans les parties montagneuses du Puy-de-Dôme. Son nom renvoie à Clermont-Ferrand et au pays de Montferrand, où la race était historiquement connue et échangée. Elle s’est développée dans des systèmes de montagne et de moyenne montagne, notamment autour de la Chaîne des Puys, des Monts Dore, du Livradois et du Forez. Cette origine explique une grande partie de ses qualités. La Ferrandaise est une vache marcheuse. Elle valorise bien l’herbe et supporte des conditions parfois plus dures que des races très spécialisées.
L’histoire de la Ferrandaise : une race qui a failli disparaître
Au début du XXe siècle, la Ferrandaise fait partie du paysage agricole auvergnat. Elle est alors très présente dans les exploitations. Elle produit du lait, fournit de la viande et participe encore aux travaux des champs. La situation bascule après la Seconde Guerre mondiale. La mécanisation remplace progressivement les animaux de trait. Les élevages se spécialisent. Les races laitières très productives gagnent du terrain. Les races viande plus conformées progressent aussi. Dans ce nouveau modèle, la Ferrandaise perd sa place. La Ferrandaise n’a pas disparu parce qu’elle était inutile, mais parce que l’agriculture de l’époque ne savait plus quoi faire d’une race aussi polyvalente.
Le seuil critique des années 1970
Dans les années 1970, la race atteint un niveau critique. Les données historiques de l’association montrent qu’il ne restait plus qu’environ 150 femelles dans les années 1970-1980. En 1982, 248 femelles sont encore recensées en France. Puis l’inventaire tombe à 198 femelles en 1990.
Quand une race descend aussi bas, le risque n’est pas seulement économique. C’est aussi la disparition d’un patrimoine génétique, d’une adaptation locale et d’un savoir-faire d’élevage.
Le sauvetage par les éleveurs
La Ferrandaise doit sa survie à des éleveurs passionnés. Avec l’appui de l’Institut de l’élevage et du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, ils se mobilisent à la fin des années 1970 pour retrouver les animaux restants, recenser les femelles et relancer la reproduction. L’Association de sauvegarde de la race bovine Ferrandaise est créée en 1978.
Son objectif est simple : conserver un patrimoine génétique diversifié, éviter la consanguinité et reconstruire un cheptel viable.
Depuis les années 1980, les effectifs remontent. L’association indique près de 3 500 femelles en 2020. Elle annonce aussi 3 976 femelles inventoriées et 748 propriétaires en France en 2024. De son côté, Races de France indique 2 588 vaches et 559 élevages en 2022. Les chiffres diffèrent selon le périmètre retenu, mais tous racontent la même dynamique : la Ferrandaise n’est plus au bord immédiat de l’extinction.
Comment reconnaître une vache Ferrandaise ?
La Ferrandaise est l’une des races françaises les plus faciles à reconnaître. Sa robe très variée et ses cornes en lyre lui donnent une identité visuelle forte.
Les trois robes de la Ferrandaise
La race présente trois robes principales :
- la barrée.
- le brégnier.
- la poudrée.
Ces robes peuvent être en rouge et blanc ou en noir et blanc. Cette diversité a longtemps été mal vue dans une époque qui recherchait l’uniformité. Aujourd’hui, elle fait partie du charme et de l’identité de la Ferrandaise. La Ferrandaise porte des cornes en forme de lyre. Elles renforcent son allure élégante et rustique. En prairie comme en concours, c’est un trait qui la rend immédiatement identifiable.
Une race mixte : lait, viande et traction
La Ferrandaise est une vraie race mixte. C’est l’un de ses marqueurs historiques. Avant la mécanisation, elle servait aussi à la traction animale. Sa force, sa marche et sa capacité à travailler en zone difficile en faisaient une vache utile dans les fermes de montagne.
Une race laitière de territoire
La Ferrandaise produit moins qu’une grande race laitière spécialisée. Ce n’est pas son rôle. Son intérêt se situe dans des systèmes fermiers, herbagers et territoriaux, souvent avec transformation. Elle ne doit pas être comparée directement à une Prim’Holstein, car elle ne répond pas au même objectif.
Une race allaitante qui intéresse de nouveau
Aujourd’hui, la Ferrandaise trouve aussi sa place en système allaitant. Elle intéresse pour sa rusticité, ses qualités maternelles, sa longévité et sa capacité à s’intégrer dans des circuits courts ou des démarches locales.
Combien reste-t-il de Ferrandaises aujourd’hui ?
La prudence est utile sur les chiffres. Selon Races de France, la race comptait 2 588 vaches et 559 élevages en 2022. L’Association de sauvegarde mentionne 3 976 femelles inventoriées en 2024 et 748 propriétaires. Le Salon international de l’agriculture 2027 parle, lui, de 4 000 femelles et de près de 750 éleveurs.
Le message important est simple : la Ferrandaise reste une race bovine locale à faible effectif, même si sa progression est réelle.
Pourquoi la Ferrandaise revient-elle dans les élevages ?
La Ferrandaise revient parce qu’elle répond à des attentes très actuelles. Les éleveurs recherchent davantage d’autonomie, de rusticité et de cohérence entre l’animal et le milieu.
Ses principaux atouts sont connus :
- Valorise bien l’herbe.
- Bonne longévité.
- Aptitudes maternelles intéressantes.
- Conduite en lait ou en viande.
Dans des systèmes herbagers, en vente directe ou en transformation fermière, cette identité redevient un vrai atout.
La Ferrandaise au Salon de l’agriculture 2027
La Ferrandaise sera la race à l’honneur du Salon international de l’agriculture 2027. Ce choix a une portée symbolique forte. Il récompense plus de quarante ans de travail de sauvegarde. Il donne aussi une visibilité nationale à une race longtemps restée discrète.
Voir la Ferrandaise devenir égérie du Salon de l’agriculture, c’est voir une ancienne race menacée entrer par la grande porte dans l’imaginaire agricole français.
Cette actualité remet en lumière les races locales à petits effectifs, le rôle des éleveurs dans la conservation du vivant et l’intérêt de conserver une diversité de modèles d’élevage.
FAQ sur la Ferrandaise
D’où vient la vache Ferrandaise ?
La Ferrandaise est originaire du Puy-de-Dôme, en Auvergne, notamment autour de la Chaîne des Puys, des Monts Dore, du Livradois et du Forez.
La Ferrandaise est-elle une race laitière ou allaitante ?
C’est une race mixte. Elle peut être valorisée en lait, surtout en transformation fermière, ou en viande dans des systèmes allaitants.
La Ferrandaise est-elle encore menacée ?
Elle n’est plus au seuil critique des années 1970, mais elle reste une race bovine à faible effectif. Sa sauvegarde demande encore un travail de long terme.


