Quand les nouvelles technologies débarquent dans les élevages

Publié le 26 octobre 2026 par Sophie Chatenet

Les nouvelles technologies s'installent dans les élevages français

Contrairement aux idées reçues, les éleveurs de ruminants français sont déjà largement équipés en technologies numériques. Les élevages bovins laitiers figurent parmi les plus avancés dans ce domaine avec un dispsoitif qui a contribué à bouleverser les pratiques depuis une quinzaine d'années, j'ai nommé le robot de traite.

« Un élevage laitier sur deux est équipé de capteurs embarqués », indique Adrien Lebreton, ingénieur au service Capteurs-équipements-bâtiments de l’Institut de l’élevage.

Colliers connectés, bolus ou boucles électroniques permettent de surveiller les animaux et de faciliter le travail des éleveurs. Ces équipements servent notamment à détecter les chaleurs et les vêlages, à suivre l’alimentation ou encore à géolocaliser les vaches dans les bâtiments.

Devenus des outils du quotidien, les capteurs connectés fournissent des informations précieuses sur l’activité des animaux.

« Le collier, c’est un peu comme une montre connectée qui va analyser les mouvements de la vache », explique Adrien Lebreton.

Face à la recrudescence d'attaques de loup, une société à développer un système de collier censé repousser le prédateur. Le principe est le suivant : vous équipez une brebis sur 8 ou 10, et au moment où l'animal court, saute, ou lorsqu'il est en suractivité, le collier se met en marche. Il émet des lumières intenses et des ultrasons de façon aléatoire. Cela permet d'éviter l'accoutumance pour le prédateur.

Robots de traite et distributeurs automatiques : un gain de temps au quotidien

Les équipements automatisés séduisent également de plus en plus d’éleveurs. En 2024, 31 % des éleveurs interrogés étaient équipés d’un robot de traite. Depuis, la tendance s’accélère : 77 % des nouvelles installations de traite sont des robots.

Au-delà des performances zootechniques, l’automatisation répond à un enjeu essentiel pour les exploitations : réduire les contraintes quotidiennes et améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.

« Ce n’est pas qu’une question de performance zootechnique : c’est surtout la question de l’astreinte et de la vie de famille qui motive les éleveurs », souligne Adrien Lebreton.

Dans les élevages caprins laitiers, les équipements automatisés sont également bien implantés. Deux élevages sur trois disposent ainsi d’un distributeur automatique de lait ou de concentrés.

Les drones et les colliers GPS facilitent le suivi des animaux

Les nouvelles technologies ne concernent pas uniquement les élevages laitiers. Dans les systèmes d’élevage extensifs, les colliers GPS et les drones offrent des solutions pour localiser les animaux et surveiller les troupeaux à distance.

Le temps de travail constitue notamment un facteur déterminant pour les éleveurs d’ovins allaitants. Environ 6 % d’entre eux sont équipés de colliers GPS. Ces dispositifs permettent de retrouver plus facilement les animaux lorsque les pâturages sont vastes, accidentés ou situés loin de l’exploitation.

Pour les éleveurs de bovins allaitants, les drones représentent une autre solution pratique. Déjà équipés pour 9 % d’entre eux, ils pourraient se développer davantage : 20 % des éleveurs envisagent d’en acquérir un à court ou moyen terme.

Le drone, nouvel allié des éleveurs pour prendre de la hauteur

Initialement achetés pour les loisirs ou pour photographier des dégâts dans les cultures, les drones trouvent progressivement leur place dans les pratiques d’élevage.

« On achète un drone pour le loisir ou pour envoyer les photos de dégâts de culture aux chasseurs, puis on se rend compte de son utilité pour aller voir si un abreuvoir est plein sans se déplacer », raconte Adrien Lebreton.

Le drone devient ainsi un véritable outil d’observation à distance. Il permet de vérifier rapidement certaines situations sur l’exploitation, sans avoir à parcourir de longues distances.

L’analyse automatisée des images ouvre en effet de nouvelles perspectives, comme le comptage des animaux. Toutefois, ces applications, qui pourraient faciliter davantage le suivi des troupeaux, restent encore au stade expérimental.

Connectivité et compatibilité : les freins au développement des technologies en élevage

Si les outils numériques offrent de nombreux avantages, leur efficacité dépend de plusieurs conditions. La qualité de la connexion réseau constitue notamment un enjeu majeur pour les exploitations situées dans les zones rurales isolées, les secteurs montagneux ou les territoires mal couverts.

« Comment transmettre des alertes dans des zones blanches où l’on ne capte pas la 2G ? », interroge Adrien Lebreton.

Sans une couverture réseau suffisante, certaines fonctionnalités perdent en efficacité, notamment la transmission des alertes et le suivi des animaux à distance. Cette fracture numérique freine donc le déploiement des technologies dans certains élevages.

Des équipements parfois difficiles à faire communiquer

L’interopérabilité représente un autre défi. Les équipements numériques sont souvent développés par différents fabricants, avec des systèmes qui ne communiquent pas toujours facilement entre eux.

« Chaque fabricant a son système et faire dialoguer les outils entre eux reste encore très compliqué », regrette l’ingénieur.

À ces difficultés s’ajoutent des contraintes pratiques comme la présence d'une connexion Wi-Fi performante. Le coût des équipements constitue également un critère important au moment d’investir.

Bien choisir ses outils numériques pour améliorer le quotidien de l’éleveur

Face à la diversité des solutions disponibles, toutes les technologies ne sont pas nécessairement adaptées à tous les élevages. L’objectif est avant tout de sélectionner les équipements qui répondent à un besoin concret : gagner du temps, faciliter la surveillance des animaux ou réduire certaines contraintes de travail.

« Il faut savoir distinguer le gadget du super utile. Tout ne sert pas à tout le monde. On n’a pas besoin d’avoir des vaches bardées de capteurs pour être un bon éleveur », rappelle Adrien Lebreton.

Pour les éleveurs qui souhaitent franchir le pas, l'ingénieur recommande de s'appuyer sur l'expérience de leurs pairs et de prendre le temps de découvrir les solutions disponibles.

L'adoption d'un outil numérique nécessite en effet une période d'apprentissage et d'appropriation. Une fois maîtrisé, il peut toutefois devenir un véritable allié au quotidien.

Les nouvelles technologies en élevage ne remplacent pas le savoir-faire de l’éleveur : elles le complètent. Bien choisies et adaptées aux besoins de l’exploitation, elles peuvent contribuer à améliorer le suivi des animaux, à simplifier le travail et à préserver la qualité de vie des éleveurs.

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