Avec 68% d’éleveurs optimistes et 87% des futurs cédants jugeant leur exploitation transmissible, l’Observatoire 2026 du Fonds pour l’élevage révèle des perspectives encourageantes pour la filière bovine. L’étude met surtout en évidence des ambitions communes entre générations, à l’heure où le renouvellement des éleveurs devient un sujet prégnant en agriculture.

Publié en septembre 2026, l’Observatoire du Fonds pour l’élevage s’intéresse à la transmission des exploitations et aux attentes des futurs installés. Réalisée en janvier auprès de 827 répondants, dont 68% issus de Bretagne et des Pays de la Loire, l’enquête met en lumière les évolutions du métiers et la manière dont les générations envisagent l’avenir.
68% des éleveurs restent optimistes pour l'avenir de leur métier
Sur les 827 répondants à l’enquête, 67% se disent optimistes quant à l’avenir de leur profession. Le Fonds pour l'Élevage explique ce résultat par la conjoncture favorable de 2025, notamment avec la progression importante des prix en viande bovine et des niveaux élevés en production laitière. Ces améliorations ont contribué à améliorer les revenus et la trésorerie.
Cette confiance se retrouve également dans les perspectives d’évolution des troupeaux, à l’horizon 2035, 38% des éleveurs répondant souhaitent maintenir leur cheptel. Ajouté à ça 13% envisagent d'augmenter leurs effectifs, contre seulement 4% qui prévoient de la réduire.
Vers les mêmes ambitions pour l’ensemble des générations
Contrairement à l’idée d’une opposition entre génération, l'Observatoire pointe du doigt une proximité dans les attentes des éleveurs et futurs installés. La recherche d’un revenu suffisant, de performance et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle sont les priorités partagées.
Parmi les grandes catégories d’objectifs exprimées à l’installation :
- 35% concernent la rentabilité et le revenu,
- 27% portent sur la cohérence et la performance du système de production,
- 24% concernent le travail et l’équilibre de vie.
La continuité familiale reste également importante, et concerne 70% des futurs installés issus du milieu agricole interrogés.
À côté de ces objectifs, la volonté de construire une exploitation plus moderne est également très présente, avec des perspectives tournées vers la robotisation, une plus grande autonomie, des systèmes extensifs ou encore le développement des circuits courts.

Pour autant, l’enquête révèle que la nouvelle génération ne cherche pas systématiquement à agrandir les troupeaux ni à transformer profondément les systèmes existants. Les aspirations restent diverses et dépendent notamment des productions, des moyens financiers et des projets de chacun.
Une chose est sûre, les générations se rejoignent sur la nécessité de disposer d’une exploitation viable, techniquement cohérente et compatible avec de bonnes conditions de travail.
87% des cédants jugent leur exploitation transmissible
L'enquête montre un autre résultat encourageant pour la profession : 87% des futurs cédants estiment leurs exploitations comme transmissibles, dont 22% très transmissibles. Et du côtés des éleveurs récemment installés, 76% se déclarent satisfaits de leur reprise, dont 26% très satisfaits.
C'est une perception globalement très favorable pour la transmission, même si les repreneurs portent un regard parfois plus nuancé sur la fonctionnalité des installations et leurs capacités à dégager un revenu.
Et pour les deux générations, une ferme transmissible ne se résume pas à un ensemble de bâtiments ou de terres mais bel et bien à son état sanitaire, son système de production, son autonomie fourragère et sa capacité à dégager un revenu. Et cette approche se retrouve dans le système de notation des répondants, 69% choisissent d’abord la valeur économique (capable de rapporter à l’exploitant) contre 17% pour sa valeur patrimoniale.
Une dimension moins patrimoniale et plus humaine
Lorsqu’ils sont interrogés sur les critères les plus importants pour réussir une transmission, 64% des répondants citent la fiabilité du repreneur, notamment dans la solidité de son projet et de son financement. 58% évoquent la juste fixation du prix de vente et 49% la bonne entente avec le repreneur.
L’anticipation demeure toutefois l’un des principaux points de vigilance que met en lumière l’enquête du Fond de l’élevage. Parmi les éleveurs concernés, 55% n’ont pas encore engagé de démarches de transmission. Et parmi ceux qui ont commencé, 60% s’y sont pris moins de trois ans avant leur départ, alors que les professionnels de l'accompagnement préconisent une préparation de huit à dix ans à l’avance.
Cette anticipation permet notamment d’adapter les investissements, d’évaluer l’exploitation et de préparer son financement, afin d’assurer une transmission réussie et de garantir la continuité de l’activité ainsi que la transmission des savoir-faire.
La transmission décisive pour l’avenir de l’élevage
L'Observatoire 2026 met en évidence une filière qui n’a pas dit son dernier mot et qui conserve sa confiance en l’avenir.
- 68% d'éleveurs optimistes,
- 87% de cédants jugeant leur ferme transmissible
- 76% de repreneurs satisfaits
Encourageant oui, mais cela rappelle également l'importance de préparer au mieux le passage de relais suffisamment tôt. À l’approche de 2030-2035, le principal défi sera donc de transformer cette convergence et transmissions réussies, en facilitant la rencontre entre cédants et repreneurs et en permettant aux nouvelles générations de s’installer dans des conditions économiques et humaines satisfaisantes.
H3// Un accompagnement essentiel pour réussir les installations
Pour conclure, l’Observatoire du Fond de l’élevage souligne l'importance de l’accompagnement dans la concrétisation des projets d'installation. Environ sept éleveurs sur dix récemment installés se disent satisfaits du soutien dont ils ont bénéficié, particulièrement lorsque celui-ci était personnalisé et assuré par des interlocuteurs de proximité.

Du côté des cédants ayant entrepris des démarches, 70% ont sollicité leur centre de gestion ou leur comptable, 43% une Chambre d’agriculture et 24% leur banque. Si les principaux organismes sont identifiés et identifiables, l’étude souligne néanmoins la complexité des financements et de démarches administratives pour les futurs installés. La coordination entre les différents intervenants apparaît ainsi comme une piste d’amélioration en ce sens.
Le Fond pour l’élevage insiste aussi sur la nécessité de renforcer les compétences entrepreneuriales des porteurs de projet et de faciliter la transmission des savoir-faire techniques entre générations.

